Instance de médiation et de dialogue / Le démenti de Bouhired et la mise au point de Bouchachi

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Une liste comprenant plusieurs personnalités nationales de renom a été présentée lors d’une conférence de presse hier à Alger. Les 13 personnalités citées ont été mises en avant comme étant les membres d’une instance de médiation et de dialogue ayant pour mission d’amorcer des négociations.  Pour l’instant, les grandes lignes de cette entreprise restent méconnues du grand public. Quelques heures plus tard, deux membres présumés de cette instance réagissent. Djamila Bouhired fait un démenti et Mostefa Bouchachi pose des conditions. 

Dans une déclaration publique, l’icône de la guerre de libération, la Moudjahida Djamila Bouhired a nié avoir été contactée pour participer à cette initiative. « Personne n’a demandé mon avis et je n’ai donné mon accord a personne », a-t-elle avancé, ajoutant que « Je ne peux faire partie d’un groupe de personnes, dont certaines ont servi le pouvoir ».

« Alors que des patriotes sont jetés en prison pour délit d’opinion, dont un officier de l’ALN, le frère Lakhdar Bouregaa, il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui nous menacent et nous accusent de trahison.
Je réaffirme ma solidarité avec le peuple en lutte pour son émancipation citoyenne, dans la liberté, la dignité et la démocratie », a-t-elle conclu.

De son côté, l’avocat et militant des droits de l’homme, Me Mostefa Bouchachi a posé un certain nombre de conditions non négociables avant de rejoindre cette initiative politique. Me Bouchachi pose comme préalable des revendications qui doivent être intégrées dans le cadre de cette initiative. Il ‘agit notamment du « départ de toutes les figures du régime, la libération des détenus politique et d’opinion, la libération des espaces publics, des médias et la levée des restrictions sur les manifestants (Arrestations et blocage des accès vers la capitale) ».

Rappelons que lors de la conférence de presse animée hier mercredi par M. Abderrahmane Arar, le Forum civil pour le changement a présenté une nouvelle initiative de sortie de crise se déclinant sous la forme d’une instance baptisée : Instance de médiation et de dialogue. Cette organe devait être composé de 13 personnalité, dont Djamila Bouhired l’ancien ministre Ahmed Taleb El Ibrahli, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouch, la constitutionnaliste Fatiha Benabou, le militant politique Benattia Seif El Islam, le sociologue Nacer Djabi, l’économiste Smaïl Lalmas, l’ancien chef du gouvernement Mokdad Sifi, l’avocat et militant des droits de l’homme Me Mostefa Bouchachi et l’ex-président de l’APN, Karim Younès. En fin de journée, Djamila Bouhired indique que son nom a été ajouté à la liste sans son consentement.