Le coordinateur du Forum national pour le dialogue, M. Abdelaziz Rahabi est intervenu ce dimanche matin sur les ondes de la radio nationale pour assurer le service après-vente de la conférence nationale qui a tenu sa première réunion hier à l’école supérieure d’hôtellerie d’Aïn Beniane. Tout au long de son intervention, il a essayé de convaincre du bien-fondé de l’initiative et de son attachement aux revendications des Algériens. Yatnahaw_Ga3, la nouvelle République et la rupture ne semblent pas faire partie des impératifs de son initiative.   

Tout au long de son intervention, M. Rahabi a souligné que l’initiative qu’il coordonne n’est qu’une ébauche de dialogue, qui donnera peut-être lieu à une conférence élargie entre les forces de l’opposition.

Interrogé sur l’absence des partis de l’ex-alliance présidentielle ainsi que les autres partis satellites du régime, l’ancien ministre a expliqué que ce n’est pas une priorité, car le forum se concentre sur les différentes forces de l’opposition et de la société civile, afin de se mettre d’accord sur les mécanismes à mettre en place pour aboutir à des élections présidentielles crédibles.

Sans l’assumer, cette conférence se donne pour objectif de concilier entre la feuille de route de l’état-major et des propositions secrétées par son dialogue élargit. C’est l’essence même d’une solution basée sur le compromis.

Il faut cependant mettre en relief les vives réactions suscitées par la réunion d’hier. Au-delà des ambigüités qui entourent cette initiative, ces visées et la nature des participants, ainsi que la crédibilité de plusieurs d’entre eux aux yeux des gens du Hirak, les Algériens ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux de voir certaines personnes très controversées à l’image d’un Noureddine Khettal, promoteur de discours racistes, mais aussi, d’un Abdelmounim Chitour, arrêté en 2016 pour des posts Facebook faisant l’apologie de DAECH ! Participer aux débats !

Dans son intervention, M. Rahabi s’est beaucoup attardé sur la situation politique, en soulignant que « l’impasse actuelle (…) peut avoir des conséquences imprévisibles ». Selon lui, l’organisation d’une élection présidentielle crédible est la seule issue qui peut préserver le pays des conséquences de cette impasse tant redoutée. Interrogé sur la date de ce scrutin, il a répondu que « personne n’est aujourd’hui en mesure de fixer une date pour une élection présidentielle. Ni la présidence de la République, ni aucune force politique ni nous même ». « L’élection sera organisée quand les mesures de confiance seront mises en place et quand les Algériens seront convaincus de la sincérité du pouvoir », a-t-il avancé.

Le marketing de la solution négociée et du compromis 

À la question de savoir quels sont les préalables à un accord sérieux avec le régime, Abdelaziz Rahabi répond qu’ « il n’y a pas de préalable insurmontable ». « On entre souvent dans une négociation avec des préalables pour arriver à des solutions de compromis solides (…) sans céder sur le fonds ». Selon lui, ce compromis se basera sur les garanties que le pouvoir doit donner  pour organiser les élections.

Le coordinateur du Forum national pour le dialogue a, ensuite, mis en exergue une évolution dans le discours du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Selon lui, le dernier discours de Bensalah apporte des solutions techniques pour l’organisation d’un scrutin présidentiel. M. Rahabi souligne, cependant, la persistance de certaines pratiques du régime, notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’exercice des activités politiques, la liberté de réunion, les intimidations et interpellations durant les marches et la fermeture de l’audiovisuel public.

L’intervenant a également défendu l’idée selon laquelle l’initiative qu’il coordonne a pour vocation d’aboutir une solution pérenne qui ne soit pas négociée à n’importe quel prix.

À ce titre, il a exprimé la nécessité de défendre les positions de principes qui sont celles du Hirak. La tournure peut sembler attrayante, mais le contenu donne l’impression que des concessions ont déjà été faites : selon Rahabi, les aspirations des manifestants sont celles de combattre la corruption, la hogra (oppression, persécution) et garantir aux Algériens leurs libertés collectives et individuelles.

À aucun moment, le coordinateur du Forum national pour le dialogue n’a évoqué le principe de rupture définitive incarnée par les revendications de démantèlement du système, le départ de ceux qui ont maintenu ce même système en vie durant 57 ans et l’avènement d’une nouvelle république. Ce sont pourtant les revendications du Hirak.

À la question de savoir si ce dialogue à vocation à négocier avec la présidence de la République ou avec l’institution militaire, Rahabi répond que « si il faut discuter, nous discuterons avec l’État algérien et l’État algérien a un président ». Ainsi, la question du rôle de l’armée dans le champ politique a totalement été éludée, malgré la nécessité de traiter la question une fois pour toutes !

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