L’avocat et illustre militant des droits de l’Homme Me Salah Dabouz a entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer ce qu’il qualifie de décision inédite et injuste prise par les autorités judiciaires de Ghardaïa ! Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme, M. Michel Forst, a d’ailleurs été saisi par l’avocat.

Alors que dans les discours officiels, on se félicite d’avoir libéré la justice de ses liens, l’avocat et illustre militant des droits de l’homme Me Salah Dabouz se sent obligé de recourir à un moyen aussi radical qu’une grève de la faim, pour dénoncer des mesures excessives prises à son encontre par cette même justice. Des mesures aussi « injustes » qu’ « arbitraires », dénonce-t-il.

Me Dabouz est sous contrôle judiciaire depuis le 8 avril. Une mesure qui le contrait à faire le trajet entre Alger, son lieu de résidence, et Ghardaïa lieu ou il doit se présenter trois fois par semaine pour apposer une signature au commissariat, ce qui est selon lui, « intolérable ».

L’avocat explique que cette mesure qui constitue une première dans toute l’histoire de la justice algérienne, voire même dans le monde, est motivée par la violenté de l’abattre sur le plan psychologique, de l’épuiser sur le plan physique, et ce pour le faire taire.

« Je suis obligé, depuis le mois d’avril, de faire 600 km pour signer. Cela devient intolérable », a-t-il confié à nos confrères de Liberté, tout en accusant les autorités de vouloir se « venger » de lui, mais aussi de « rétrécir son champ d’action » en tant que militant des droits de l’Homme.

Me Salah Dabouz a été mis sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’affaire Kameleddine Fekhar. L’avocat a souligné avoir déposé une demande auprès du tribunal Ghardaïa, afin de réévaluer la mesure excessive prise à son encontre. Cette demande a selon lui, été « refusée ». Pis, « La greffière (du tribunal de Ghardaïa NDLR) a même refusé de m’accuser réception, précisant que le président du tribunal le lui a interdit».

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme, saisi

Dans un post Facebook datant du 8 juillet, Me Salah Dabouz a informé avoir saisi le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme pour l’informer de sa situation.

« Aujourd’hui, le 8 juillet 2018, j’ai officiellement saisi mon ami Michel Forst, le Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l’homme, concernant ma situation qui dure depuis plus de trois mois. Au vu du contrôle judiciaire qui m’a été imposé par les autorités judiciaires de Ghardaïa, depuis le 8 avril 2019 et à 600 km de chez moi (Alger), soulignant que jamais une telle mesure n’a été décidée en Algérie. Je rappelle qu’elle a été prise dans ce même dossier qui a arraché la vie au Dr Kameleddine Fekhar, mort en prison le 28 mai dernier, dans des conditions plus que douteuses. Cette mesure me laisse dans l’incapacité d’exercer mes fonctions d’avocat et de militant es droits humains », a-t-il écrit.