Mokrane Aït Larbi a publié un post sur son compte Facebook, dans lequel il a appelé à la dissolution des partis qui gravitent autour du pouvoir, en soulignant que ces appareils constituent aujourd’hui le vecteur de la contre-révolution. Sans exposer les instruments permettant de le faire, le Hirak avait exigé la même chose dès les premiers jours de sa naissance.

 « Les partis de l’allégeance représentent la contre-révolution et doivent inévitablement être dissous », a écrit l’avocat et militant des droits de l’homme Me Mokrane Aït Larbi, soulignant que ces formations politiques « menacent l’avenir de la démocratie en entravant les revendications de la révolution pacifique ».

Selon lui, « il devient nécessaire (…) de les dissoudre par décret ou par décision de justice, et de récupérer leurs biens qui sont des biens de l’État afin de mettre tous les partis sur un pied d’égalité, donner un sens à la compétition partisane et permettre enfin au peuple, les conditions réunies, de choisir ses représentants en toute souveraineté, loin de la fraude et l’argent sale.

« Après la dissolution de ces partis, on peut mettre en œuvre les articles 7 et 8 de la Constitution, consacrant ainsi la souveraineté réelle du peuple, seul maître de son destin », a-t-il conclu.

Aux premiers jours de la révolution citoyenne, les manifestants avaient formulé de telles exigences. Comme a si bien souligné Me Ait Larbi, les états-majors de ces partis sont partie prenante du système mafieux dont ils sont le pur produit. Les manifestants l’avaient bien compris dès le départ.

Nous avons eu le privilège de nous frotter aux manifestants dès les premières heures de cette révolution, et nous les avons interrogés sur ces partis et leur devenir à plusieurs occasions. Une réponse ressortait fréquemment : « S’ils continuent, ils vont tout truquer ».

Les manifestants continuent de nourrir la certitude que ces formations proches du pouvoir, notamment le FLN, le RND, le TAJ et le MPA, ainsi que toutes les organisations de la société civile créées pour servir le pouvoir constituent un danger pour cette révolution et que leur disparition est inévitable.

Les manifestants qualifient ces formations politiques d’appareils disposant de vastes réseaux de clientèles aptes à fournir leurs services au groupe dominant du moment avant de se retourner contre lui à la première occasion !

Dès le début de cette révolution, les manifestants ont exigé la mise au musée du FLN et l’annihilation pure et simple des autres formations politiques. « Comme ça, ils n’utiliseront plus la Ch’kara (comprendre la corruption) pour tout truquer ».