Les étudiants ont, encore une fois, créé la surprise, ce samedi, en faisant irruption à l’intérieur du siège du panel de Karim, quelques instants avant que ce dernier n’installe un comité des sages. « Makach Hiwar maa el 3issabat », c’est-à-dire : pas de dialogue avec (les mafias) représentants le régime, ont scandé ces étudiants à l’intérieur de la salle. Un échange assez révélateur du dialogue de sourds qui a lieu actuellement a pu être capté par les caméras des Smartphones de certains de ces étudiants qui n’ont pas manqué de le mettre en ligne sur les réseaux sociaux.

Tout le monde a été agréablement surpris par l’intervention de ces étudiants. Par tout le monde on entend, bien sûr, les millions manifestants et de personnes qui rejettent le panel de Karim Younès, qualifié d’ailleurs de « panel de Cachiristes ».

Le groupe d’étudiants qui a réussi à se frayer un chemin jusque dans la salle où étaient réunis ces panélistes a tenu à marquer sa distance avec les syndicats estudiantins qui envisagent de collaborer avec le panel et exprimer que ces organisations ne sont pas représentatives et servent des intérêts autres que ceux du Hirak.

Il est opportun de souligner que toutes les organisations estudiantines agrées et reconnues par les autorités ont des liens directs ou indirects avec le pouvoir et ne sont que les vitrines de partis politiques roulants ou proches du pouvoir.

Samy est l’un de ces étudiants qui sont partis à l’assaut du panel de la discorde, ce samedi, pour interroger les panélistes du bien-fondé de leur entreprise. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Samy fait partie des premiers étudiants arrêtés par la police le 21 mai dernier. Il avait été arrêté et embarqué avec une vingtaine de ses camarades lors d’une marche à Alger.

Une vingtaine d'étudiants ont été arrêtées ce mardi. Voici les photos de certains d'entre eux.

Gepostet von algerie-focus.COM am Dienstag, 21. Mai 2019

En s’adressant à Karim Younès, il lui a posé la question de savoir si le gouvernement actuel est légitime ou pas. Une question que le coordinateur du panel a esquivée. En tout cas, Samy n’a pas manqué de signifier à Karim Younès le refus et le rejet des manifestants de son instance de dialogue, qui n’a de dialogue que le nom.

Soulignons, quand même, que l’instance pilotée par Karim Younès s’est dotée ce samedi  d’un comité de sages composé de 41 « personnalités » parmi lesquelles d’anciens ministres, de syndicalistes, d’universitaires et d’acteurs de la société civile. Parmi lesquelles, le Dr. Ayadi Abderrahmane, le professeur Djennane Rachid, les anciens ministres : Bouchama Kamal, Mohamed Aziz Derouaz et Mouloudi Aissaoui, ainsi que le syndicaliste Milat Abdelhafid et Saida Neghza.