Dans une nouvelle contribution / Mouloud Hamrouche évoque le système et les réseaux clandestins

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Dans une contribution publiée ce mercredi sur les colonnes du quotidien El Watan, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche s’est penché sur le paradoxe du « système » algérien qui n’en est pas un ! Dans sa description, il évoque plutôt un ensemble de réseaux opérant en dehors des institutions et tirant les ficelles du pouvoir. « C’est un non-système appelé système (…) et il est antinational », a-t-il souligné.     

Cette nouvelle contribution de Mouloud Hamrouche apparait sous une forme plus simplifiée, loin du style académique qu’on lui connait. Sur la question du système elle dit que depuis l’indépendance, il n’y a jamais eu de système à proprement dit en Algérie. Il s’agit plutôt d’une forme d’organisation qui agit dans la clandestinité. Pour le définir, il a utilisé le terme : « réseaux ».

« Ces réseaux veulent continuer à fixer la posture de l’armée et sa feuille de route. Ces tenants, leurs médias et leurs relais sont toujours en régénérescence ou de renforcement. Ils refusent tout bonnement un fonctionnement institutionnel de l’État et des pouvoirs », a-t-il expliqué.

Et d’ajouter que « le système algérien n’est pas un modèle et ne ressemble à aucun autre. C’est un non-système appelé système pour indiquer ses complexes négations. C’est un système liberticide, antipolitique, anti-militance, anti-gouvernance, anti-institutions, anti-organisation et antinational. C’est pour ces raisons qu’il a anéanti l’embryon de l’État, fruit de la guerre de Libération nationale, annihilé la loi et détruit la gouvernance ».

Le système constitue un danger sur le pays et son armée

Selon Mouloud Hamrouche, « une persistance dans cette pratique serait une menace mortelle pour l’Algérie, son État et son armée ». « Pour sa survie (le système) finira par briser la cohésion de l’ANP. Les hommes et les femmes de l’ANP évalueront mieux que moi le degré de cette menace », a-t-il écrit.

Pour M. Hamrouche, « le changement du système est la solution et non le problème » (…) « Le choix n’est pas et ne doit pas être entre le système ou le chaos », a-t-il souligné, « mais entre le système et une Algérie meilleure. Pour cela, le peuple est en processus constituant tous les vendredis et sa jeunesse estudiantine tous les mardis depuis plus de six mois. Un mouvement un et indivisible ».

Pour ce qui est de l’obsession d’organiser des élections présidentielles « dans les plus brefs délais », M. Hamrouche revient sur l’engagement fait par le commandement de l’armée, de destituer le président Bouteflika en appliquant l’article 102, mais également d’appeler à l’application des articles 7 et 8 de la loi fondamentale afin de restituer la souveraineté au peuple. « Demander aujourd’hui l’organisation au plus cure des élections apparaît comme une logique froide de raison », a-t-il avancé.