Il a été appelé à accomplir une autre « mission » / L’instance d’organisation des élections sera formée par Karim Younès !

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Au moment où la rue continue de scander : « Karim Younès…à la poubelle !», le coordinateur général du panel de « dialogue » dont la mission est arrivée à terme a, encore une fois, été sollicité pour mettre sur pieds une haute instance de préparation de l’élection présidentielle. Si l’on croit Fatiha Benabou, membre du fameux panel et constitutionnaliste de son état, tout est fin prêt concernant les textes, et que le délai de trois mois est suffisant pour organiser une présidentielle. Se dirige-t-on vers un énième coup de force ?

Le fossé continue de se creuser entre la rue et le pouvoir ! Au moment où les manifestations reprennent de plus belle, le pouvoir de fait accélère la cadence pour organiser une élection présidentielle voulue…« dans les plus brefs délais ».

Pour répondre à l’exigence du chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah qui exige une élection présidentielle dans les trois mois, le panel de Karim Younès a raccourci sa mission, en abandonnant le projet d’une conférence nationale. Les travaux du panel ont pris fin hier avec la remise de son rapport final à Abdelkader Bensalah. Ce dernier a, de suite, sollicité Karim Younès pour une autre mission.

Faisant fi du rejet massif dont il fait l’objet, la présidence de l’État a chargé Karim Younès de mettre sur pieds une instance ayant pour mission d’organiser des élections présidentielles. À cet effet, on prévoit une légère révision du régime électorale, un léger coup de pinceau afin de retoucher quelques articles inclus dans le chapitre des élections présidentielles.

Si l’on croit Fatiha Benabou, tout a été ficelé. Intervenant sur les ondes de la radio nationale ce lundi, la constitutionnaliste a expliqué que le délai de trois mois est suffisant pour créer les conditions nécessaires à la tenue de cette élection ! Un avis que ne partagent pas beaucoup d’observateurs.

Le pouvoir semble avoir mis en branle son processus. Hier, Abdelkader Bensalah a chargé Karim Younès d’entamer des consultations afin de constituer cette fameuse instance. Il ne s’agit donc pas de mettre en place un cadre juridique, mais plutôt de trouver le personnel « adéquat ». L’Assemblée nationale tiendra ensuite une séance de main levée. Une simple formalité si l’on croit Mme Benabou !

Sur les réseaux sociaux, les Algériens ont vite tourné l’actualité en dérision. Tout le monde se pose la question de savoir comment le panel a pu rencontrer 23 partis politiques, 5670 associations nationales et locales, et plusieurs personnalités nationales en un mois et demi ! Les internautes ont conclu que les données présentées par l’instance de dialogue ne tiennent pas la route et que ses conclusions ne reflètent que les avis des parti(e)s qui ont accepté de s’associer à cette « initiative » rejetée par le Hirak. La suite logique est que l’instance d’organisation des élections va connaitre le même sort.

Le panel et l’instance d’organisation et de surveillance des élections sont considérés comme des outils servant à concrétiser la feuille de route de l’article 102. Bien qu’elle ait été stoppée le 4 juillet dernier par une gigantesque mobilisation populaire, le pouvoir semble déterminé à la faire passer, sans toucher à l’architecture du système.