La machine s’emballe / L’APN sur le rail de l’élection présidentielle « dans les plus brefs délais »

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Les deux projets de lois organiques portant création de l’autorité indépendante des élections et celui relatif à la révision de la loi électorale ont été expédiés à l’APN pour une séance de débat. Abordant la question, le président de la chambre basse Slimane Chenine a souligné la « nécessité d’un traitement urgent ». Le pouvoir de fait passe à la vitesse supérieure !

La feuille de route du pouvoir et après avoir été traduite dans le rapport final du panel de Karim Younès, validée par le Conseil des ministres, a fini par atterrir à l’APN ou elle est soumise à débat. C’est quand même paradoxal compte tenu de la configuration de cette Assemblée.

Dans tous les systèmes politiques ou le parlements joue un rôle effectif, c’est la majorité qui pèse dans le processus de validation des propositions de loi. Dans le cas de l’Algérie, cette majorité appelée à voter ces propositions de loi est issue des partis ayant été exclus du processus de dialogue (panel de Karim Younès) dont les conclusions ont servi de base à l’élaboration desdits projets de loi  ! C’est ce qu’on pourrait qualifier de non-sens ! Pour en rajouter une couche, il a été décidé (???) que les débats se fassent en 24H pour que la convocation du corps électoral se fasse dans les délais « souhaités » par le chef de l’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah.

Ainsi, la totalité du processus, passant par la remise du rapport final du panel à la présidence de l’État, sa validation par le conseil des ministres (dans la foulée duquel on a annoncé que les textes de loi concernant l’instance d’organisation de l’élection présidentielle sont prêts), le transfert des deux projets de lois organiques à l’APN, réception, enregistrement, programmation, séance de débats et validation, ne dépassera pas les cinq jours !

Les propos de la constitutionnaliste et ex-membre du panel de dialogue, Fatiha Benabou et ceux du président de l’APN Slimane Chenine laissent à penser que le passage par la chambre basse n’est, en réalité, qu’une formalité. Interrogée par la radio nationale sur le bien-fondé de la démarche, Mme Benabou avait répondu que de toute façon, « les élus des partis ayant été exclus du dialogue mené par le panel n’auront d’autre choix que celui de valider, car il s’agit de la volonté du peuple ». Soulignons tout de même qu’à chaque fois qu’il y une manifestation les manifestants expriment le rejet de toute élection organisée sous le pouvoir actuel !

De son côté, le président de la chambre basse de l’Assemblée nationale a mis en exergue « la nécessité d’aller vite, tout en étant flexible », pour permettre la tenue d’une élection présidentielle, « garantissant une sortie de crise ». Des propos qui rejoignent ceux du chef de l’état-major de l’armée.

Mais le délai de 24H est-il suffisant pour étudier, émettre des réserves, enrichir ou amender les deux projets de lois organiques ? C’est techniquement impoustahile, comme dirait les jeunes pour exprimer l’impossibilité de la chose !