L’instance de Karim Younès a finalisé son rapport / Un document aux antipodes des revendications populaires

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L’instance dite de « médiation et de dialogue » présidée par Karim Younès a finalisé son fameux rapport. Une réunion a été tenue hier samedi, pour procéder aux dernières retouches. La radio nationale a annoncé, ce matin, que Karim Younès était en route à El Mouradia pour le remettre à Abdelkader Bensalah. A en croire certains échos, le document et loin d’être révolutionnaire !

Les propositions mises en avant par la commission juridique de l’Instance nationale de dialogue et de médiation (INDM) – tout en insistant sur leur importances –  sont celles portant des amendements à la loi électorale.

Les propositions ne mettent pas sur la table la nécessité de changer profondément le système politique. elle ne proposent pas une abrogation ou une révision en profondeur du régime électoral, mais d’un simple rafistolage. Les quelques retouches apportées concernent la loi électorale dans son chapitre relatif aux élections présidentielles. Pour l’instant, les détails relatifs à ce « léger coup de pinceau » n’ont été communiqués aux médias. cela dit, l’intervention du président du Conseil de dialogue et de concertation, le  le Dr Mohamed Bekat Berkani, sur les ondes de Radio Chaîne 3 ce matin, permet de tirer des conclusions concernant le document.

On sait, par exemple, que l’instance présidée par Karim Younès a proposé la création d’une instance indépendante de préparation, organisation et surveillance des élections présidentielles. Le rapport réclame par ailleurs,   la démission du gouvernement de Noureddine Bedoui ainsi que la suppression de l’obligation de recueillir 600 signatures individuelles de la part d’élus.

Il est, peut-être, opportun de souligner que ces propositions se plient aux exigences du chef de l’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, qui a fixé, la semaine dernière, la date de la convocation du corps électoral dans l’un de ses discours.

Le patron de l’armée avait également exprimé son refus de voir le régime électoral subir une révision en profondeur. L’argument avancé est celui de la « perte de temps ». Rappelons que dans plusieurs de ses discours, ces derniers mois, il avait insisté sur la nécessité d’organiser des élections dans les plus brefs délais.

Cette requête semble avoir trouvé écho au sein de l’instance. Cette dernière a fini par abandonner son projet d’organiser une conférence nationale, soutenant que celle-ci aurait fini par « provoquer des confrontations de débats inutiles et une perte de temps pour la concrétisation de la démarche consensuelle, ou à défaut, majoritaire ».

Les médias étatiques et privés proches du régime sont venus en renfort à la feuille de route de l’état-major. Ils n’ont cessé de marteler, ces derniers jours, que l’organisation d’un scrutin présidentiel « dans les plus brefs délais » est « une revendication populaire insistante ». En parallèle, les trois derniers vendredis ont été marqués par un regain de la mobilisation et un retour en masse des Algériens sur le terrain. Lors des manifestations de vendredi 6 septembre, le doute a été définitivement levé. Les Algériens rejettent la feuille de route  du régime.

Les scrutins présidentiels du 18 avril et du 4 juillet ont été mis en échec par les manifestants. Il est probable que les prochaines élections aient le même sort.