Karim Tabbou depuis la prison / C’est à cause de mon « militantisme et mes positions politiques pour une Algérie libre et démocratique »

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Dans un passé récent, militer pour une Algérie libre et démocratique pouvait vous mener en prison. Actuellement, un tel engagement militant vous mène systématiquement en prison. Pour preuve, près d’une centaine de citoyens engagés croupissent dans les geôles du régime. Karim Tabbou est l’une de ces personnes qui disent qu’elles ont été jetées en prison pour leur « militantisme et leurs positions politiques pour une Algérie libre et démocratique ». C’est ce qu’il a affirmé hier à son avocat Me Mostefa Bouchachi.

Dans un post Facebook, l’avocat et infatigable militant des droits de l’homme Me Mostefa Bouchachi a indiqué avoir rendu visite hier dimanche, au prisonnier politique Karim Tabbou, croupissant actuellement à la prison de Koléa dans la wilaya de Tipaza.

Me Bouchachi souligne toutefois qu’il ignore toujours les chefs d’accusation retenus contre lui. La seule certitude qu’il a pu exprimer concerne le moral du prisonnier, qui selon lui est au plus haut.

À son avocat, Karim Tabbou a confié qu’il n’a commis aucun acte criminalisé par la loi algérienne. Son emprisonnement, il l’explique par son militantisme et ses positions politiques pour une Algérie libre et démocratique.

La mise sous mandat de dépôt du président du parti de l’union Démocratique et Sociale (UDS – non agréé) suscite aujourd’hui les interrogations autant à l’intérieur du pays qu’à l’international. Karim Tabbou avait été arrêté le 11 septembre devant son domicile (Douera dans la banlieue d’Alger) par des agents en civil des services de sécurité.

Il a par la suite été placé en détention provisoire à la prison de Koléa, accusé de porter atteinte au moral des troupes de l’ANP. La cour de Tipaza l’a remis mercredi dernier en liberté conditionnelle. Quatorze heures plus tard, il avait été arrêté une seconde fois toujours devant son domicile selon les mêmes procédés. Il a été placé jeudi soir sous mandat de dépôt par le tribunal de Sidi M’hamed.

Dans de précédentes interventions, son avocat Me Mostefa Bouchachi a pointé du doigt plusieurs entorses aux procédures, en soulignant que le parquet de Tipaza n’a pas été notifié de la deuxième arrestation et que c’est le tribunal de Sidi M’Hamed  (Alger) qui a décidé de son renvoi en prison !