La grève des magistrats objet de tentatives de torpillage / Les magistrats résistent et annoncent leur première victoire

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Un véritable bras de fer s’est engagé entre le syndicat national des magistrats et le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati. Le champ de bataille s’étend à la sphère médiatique et le syndicat des magistrats semble avoir remporté sa première bataille. La grève a connu un taux de suivi de 96%. 

Un communiqué publié en cette fin de matinée par le syndicat national des magistrats indique que l’appel à la grève lancé par la même organisation a été très largement suivi. Le communiqué évoque un taux de suivi de 96% à l’échelle nationale, ce qui contredit les informations diffusées ce matin par certains porte-voix du régime ayant annoncé l’échec de l’action entreprise par le syndicat.

Une certaine presse affidée au régime avait annoncé en début de matinée que l’entreprise d’une grève illimitée par les juges rejetant le dernier mouvement ayant touché l’appareil judiciaire avait connu des défections. On avait même publié la déclaration d’un membre du conseil national représentant les magistrats de la Cour de Tindouf, ayant annoncé son refus de rejoindre l’action entreprise par le syndicat des magistrats.

Le syndicat précise que le juge en question va être traduit devant le conseil de discipline, tout en soulignant que les magistrats de la cour de Tindouf lui ont retiré leur confiance.

À l’origine de cette brouille entre les juges et le ministère de la Justice : Le mouvement annuel des magistrats. En clair, il s’agit des mutations qui s’opèrent dans le secteur à travers l’affectation vers d’autres wilayas.

Le mouvement opéré cette année est inédit en termes d’ampleur. Près de 3000 magistrats sont concernés. Les juges accusent l’exécutif, à travers le ministre de la Justice, de s’approprier les prérogatives du Conseil supérieur de la magistrature(CSM), dont la fonction est d’incarner l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Dans un précédent communiqué, le syndicat des juges dénonçait l’omnipotence de l’exécutif sur l’appareil judiciaire et la préparation du mouvement annuel en catimini.