Placé sous contrôle judiciaire / Brahim Lalami, le parcours d’une icône de la révolution de février

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Arrêté à Alger, jeudi dernier à la veille de la marche du 1er novembre, l’activiste Brahim Lalami avait complètement disparu des radars jusqu’à sa comparution ce matin devant le juge d’instruction du tribunal d’El Bordj. Le militant infatigable a été placé sous contrôle judiciaire. Brahim Lalami n’est pas seulement un militant engagé dans le Hirak, Brahim est un personnage charismatique, symbole du courage d’une jeunesse qui se bat contre l’injustice et l’arrogance du régime.  

Brahim Lalami est donc sous contrôle judiciaire. Le juge lui a également interdit de sortir du territoire national. Avant son arrestation jeudi à Alger, le jeune a dû faire face à la répression notamment à Oran, où il avait quasiment été torturé.

À ceux qui ne connaissent pas Brahim, on peut dire, sans exagération qu’il est l’un des pères de la révolution de février. Le vendredi 15 février 2019, il avait été arrêté pour avoir mené la première marche pacifique à Bordj Bou Arreridj. Une marche initiée contre le 5e mandat de Bouteflika.

Après avoir été libéré, il avait enregistré une vidéo à travers laquelle il a raconté son arrestation et expliqué le pourquoi de sa démarche. Il s’était étalé  sur le sens de son engageant contre le régime incarné à l’époque par les Bouteflika.

Dans les locaux des services de sécurité, il avait été questionné sur ses motivations, comme c’est souvent le cas dans ce genre d’interrogatoire. Toute au long de la séance, le jeune avait insisté sur l’aspect pacifique de sa démarche et celles des gens sortis manifester avec lui.

Plus récemment, il avait révélé dans un Live sur Facebook, que des gens lui avaient proposé des sommes importantes d’argent en contrepartie d’un service. On lui aurait demandé de dire publiquement que son action était commanditée par des  militants, activistes, politiques et lanceurs d’alertes tels que Larbi Zitout, Amir DZ, Ali Benhadj et d’autres. Brahim avait refusé cette offre.

Nous avons eu l’occasion de le rencontrer à Alger à deux reprises. Il était venu pour prendre part aux marches du vendredi. Brahim Lalami est un jeune déterminé. Son discours n’est pas celui d’un défaitiste ou celui de quelqu’un qui se laisse impressionner. Dans une vidéo que nous avions pu tourner avec lui, il nous avait dit que « si le Hirak venait à reculer, l’Algérie risque de disparaître ».