Un énième coup de force / Le projet de loi sur les hydrocarbures adopté envers et contre la volonté populaire

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Malgré le tollé qu’il a provoqué et la vague de protestation populaire qu’il a suscitée, le projet de loi sur les hydrocarbures a été adopté par les députés d’une assemblée fantôme.     

Ceux qui ont cru à un sursaut de conscience des députés seront déçus. Le projet de loi sur les hydrocarbures a été adopté, à la majorité, par les députés de la chambre basse d’une assemblée illégitime, dont un bon nombre fait l’objet actuellement de poursuites judiciaires pour divers faits présumés de corruption.

Les députés ont voté séparément pour chaque article du projet de loi. La commission des finances de l’assemblé populaire nationale a toutefois apporté quelques amendements tant dans le fond que dans la forme de 33 articles du projet de loi sur les hydrocarbures voté ce matin par les députés de l’APN.

Hormis ce projet de loi, la chambre basse a également adopté le projet de loi de Finances 2020, la loi séparant les régimes fiscaux, ainsi que deux autres projets de loi à l’importance capitale. L’empressement des résidus du régime de Bouteflika à faire adopter ces lois dans une conjoncture pareille suscite les interrogations.

L’opposition accablée

Pour les Algériens, il s’agit d’un énième coup de force. Un coup de force dont l’opposition est partie prenante, du fait de sa présence au sein de cette coquille vide baptisée assemblée nationale populaire.

Ce matin, ils étaient 262 députés à avoir voté le projet de loi. Les députés du FFS, du RCD, du MSP (HMS), ainsi que quelques indépendants n’ont pas assisté à la séance, ce qui n’a pas empêché les Algériens de les qualifier de « coresponsables » . « Au sein de l’APN il y a ceux qui valident et puis ceux qui donnent de la légitimité à ce qui est validé, les deux genres se valent», a posté un Algérien sur Facebook,

Un autre a comparé l’attitude de l’opposition à une personne qui assiste à un viole collectif sans bouger le petit doigt.

Dans le fond, ce qui est reproché à l’opposition c’est sa subsistance à l’intérieur d’institutions contrôlées par le régime, notamment après le 22 février.