Il s’est dit disposé à négocier avec le pouvoir / Sofiane Djilali formule des conditions, le Hirak dénonce la démarche et rejette l’offre du régime

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Le pouvoir a fait sa proposition de dialogue et les partis politiques commencent à bouger dans ce sens. Le président de Jil Jadid, M. Soufiane Djilali est l’un d’eux. Pour lui, le dialogue pourrait permettre d’aboutir à une solution négociée fixant les modalités de départ des figures du régime. Dans une conférence de presse animée hier à Alger, M. Djilali s’est dit disposé à prendre part à une telle initiative, en formulant d’amblé des conditions. Sur le terrain du Hirak, on perçoit cette histoire de dialogue comme une manœuvre sournoise visant à tuer le mouvement citoyen.

Ce que Soufiane Djilali attend du pouvoir, c’est des «gestes forts». Ces gestes pourraient se matérialiser à travers «la libération immédiate des détenus d’opinion et la libération des champs médiatique et politique». Le leader de jil Jadid pense qu’il est possible d’évaluer l’action du pouvoir et le juger sur ses actes.

Dans son intervention, M. Djilali a expliqué ses intentions. Selon lui, il ne s’agit nullement de se positionner pour un quelconque « partage de responsabilité ». Il a d’emblée, assuré que son parti ne fera pas partie de l’exécutif et que le dialogue avec le pouvoir aura pour seul objectif de l’«aider à s’en aller et non à mieux rester».

Pour ce qui est du Hirak, l’intervenant a tenu à souligner que son parti s’aligne  sur la les revendications du mouvement, mais insiste cela dit, sur la nécessité d’un engagement permanent qui ne se résume pas aux marches hebdomadaires. M. Djilali a abordé la question de l’action politique organisée. Une action qui doit, selon lui, se pratiquer dans la pluralité caractérisant ce mouvement. .

Sur le terrain du Hirak, loin des salons et salles de conférences, on est partagé entre scepticisme et dénonciation. Alors qu’une partie des manifestants reste prudente, voir méfiante face à tout ce qui peut émaner du pouvoir, l’autre partie n’a pas manqué de dénoncer la démarche de Sofiane Djilali. Certains parlent de paternalisme, d’opportunisme et même de trahison !

Dans sa logique, Hirak se réfère, à chaque fois, à l’histoire récente du pays qui offre des exemples probants sur l’aptitude du régime à se relever, une fois la dynamique populaire disloquée. Les manifestants disent que le pouvoir les a habitués aux processus de dialogue biaisés, servant à monter les Algériens les uns contre les autres afin de les plonger dans une atmosphère de méfiance, de suspicion où les uns accusent les autres de vouloir se positionner. .

Pour ce qui est de la structuration du mouvement, les manifestants disent que leurs représentants sont actuellement en prison et que leur libération n’est pas une condition ou un préalable, mais une obligation et une suite logique. Il est bien sur question des militants et politiques ayant été arrêtés pour leur engagement avec le Hirak.

Ils soutiennent également que si dialogue il y a, ce dernier se fera avec les « véritables détenteurs du pouvoir et non pas avec une façade civile ».