Le chef de la diplomatie italienne à Alger / Le ballet diplomatique s’intensifie autour du conflit en Libye

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« Sécuriser la Libye c’est assurer la sécurité de l’Italie », a écrit ce jeudi, le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio sur sa page Facebook, avant d’atterrie à Alger. À l’inverse des pays ayant pris part à la réunion du Caire hier mercredi, la diplomatie italienne semble développer un discours prudent et tempéré à l’égard de la Turquie et le président du conseil présidentiel du gouvernement de consensus libyen Fayez al-Sarraj.

Le chef de la diplomatie italienne est descendu à Alger ce jeudi, pour s’entretenir avec le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune et son Premier ministre Abdelaziz Djerad à propos du dossier Libye.

Le gouvernement italien soutient l’idée selon laquelle la résolution du conflit en Libye ne se résume pas à trouver un accord entre les belligérants, mais doit s’étendre aux acteurs étrangers devenus incontournables dans ce conflit.

Dans une déclaration faite à la suite à sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, à Istanbul mardi, M. Di Maio a affirmé que « des partenaires comme les États-Unis, ainsi que la Russie, l’Égypte et la Turquie sont incontournables pour trouver une solution à la crise libyenne ». « Il est important de travailler avec tous les acteurs qui peuvent avoir une influence en Libye afin de trouver une solution ensemble », a-t-il ajouté.

Selon la position officielle de l’Italie, le conflit en Libye est une « guerre par procuration ». Le propos a été tenu par M. Di Maio, lors d’un point de presse animé mardi à Bruxelles.

Hier mercredi, une réunion regroupant les ministres des Affaires étrangères de chypriote, grec, italien, français et égyptien se réuniront au Caire. L’Italie s’est abstenue de signer la déclaration finale de la réunion, la jugeant déséquilibrée, partiale et agressive. Di Maio appelant à la modération afin de ne pas provoquer des dissensions à l’intérieur de l’Union Européenne.

Il a également appelé ses homologues, ayant pris part à cette réunion, à tempérer leur ligne dure envers la Turquie et le chef du gouvernement d’entente nationale libyen, internationalement reconnu, Fayez al-Sarraj.