Intimidée, violentée, dépouillée d’un médicament et abandonnée sur la voie publique / Khalti Baya, la hirakiste qui a subis la répression

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Khalti Baya, est une manifestante qui ne rate jamais une manifestation. Ni celles du mardi et encore moins celle du vendredi. Khalti Baya est gravement malade. Elle est atteinte d’un cancer. Ce dimanche, elle a subi la répression après avoir été embarquée à Alger. Elle a été abandonnée au bord de la route, à une vingtaine de kilomètres de l’endroit où elle a été interpelée sans passer par un commissariat. Elle a fait l’objet de menaces et l’un de ses médicaments (un puissant antidouleur qui est utilisé, hors de son usage médical, comme drogue) lui a été subtilisé par un agent !

Arrivée aux abords de la place Audin, en compagnie d’un groupe de femme et d’enfants, khalti Baya a été interpellée, puis embarquée par la police. On lui a expliqué qu’elle allait être conduite vers un commissariat, mais il n’en était rien. Après un long détour, elle a été abandonnée sur le bord de la RN5 à Zeralda. « Dis au Hirak de t’aider », lui dit un policier.

L’information de son interpellation a été donnée par comité national pour la libération des détenus (CNLD). Le comité a dénoncé un « grave dérapage » et des « pratiques qui s’ajoutent au registre noir d’une police politique aux aboie ».

Khalti Baya a livré un témoignage après son arrivée à la gare routière à Alger. La pauvre femme a pris le bus pour revenir au centre-ville où elle réside. Elle a dit qu’elle a été frappée, insultée et menacée par des policiers. Les agents l’ont intimidé pour qu’elle ne fréquente plus les membres du CNLD, composé essentiellement des familles des détenus et des ex-détenus. On a même tenté de lui faire peur afin qu’elle ne descende plus pour participer aux manifestations.

Elle avait dans son sac des médicaments qui lui ont été restitués à l’exception d’un seul : le Tramadol, qui est un puissant antidouleur. Quand elle l’a réclamé, le policier lui a répondu : « moi aussi j’en ai besoin. Nous aussi nous avons mal ».

Le CNLD a lancé « un appel à tous les Algériens de se solidariser avec Khalti Baya et à venir à son aide, car depuis sa maladie (cancer) elle est logée dans une petite chambre dans un hôtel près de l’hôpital Mustapha Pacha sans aucune prise en charge.

Elle n’a jamais raté de marches depuis le 22 février, elle n’a jamais raté de rassemblement en faveur des détenus et leurs familles, et elle a trouvé sa grande famille avec la cause juste des détenus pour laquelle s’est attachée corps et âme.

Le CNLD lance un appel à toutes les associations caritatives, à toutes les personnes de bonne foi, à tous les Algériens sans exception, de se rapprocher de Khalti Baya, présente à chaque marche et procès des détenus ou de se rapprocher des familles des détenus ou de journalistes afin de l’aider et d’être à ses côtés pour une prise en charge », peut-on lire dans le communiqué publié sur la page Facebook du comité.