Le verdict sera rendu le 1er mars / Magistral fut Fodil Boumala lors d’un procès qualifié d’historique

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Le procès Boumala a eu lieu hier au tribunal de Dar El Beïda à Alger. Un procès qui a duré 16 longues heures. Le procureur a requis une peine de prison ferme d’une année, assortie d’une amende. Plus d’une cinquantaine d’avocats se sont constitués et les plaidoiries ont duré plusieurs heurs, dans un procès qualifié d’historique. La figure du Hirak Fodil Boumala, a pu démontrer- sans trop de difficulté – qu’à travers lui, c’est le Hirak que l’on met au banc des accusés.

Plus une cinquantaine d’avocats se sont constitués pour défendre Fodil Boumala. L’audience a duré 16 heures et le verdict n’a pas été prononcé. Il faudra attendre le 1er mars prochain.

Dans la salle, on était nombreux à y assister. Prouesse : Boumala a transformé son propre procès en une conférence académique sur les valeurs d’un État de droit. « Personne et aucune partie quelle qu’elle soit ne pourront me priver de ma liberté. La patrie c’est avant tout la liberté et si la justice ne défend pas cette liberté, qui le fera ? », a-t-il lancé.

Au tribunal de Dar El Beïda, le juge dirigeait le procès Fodil Boumala, mais en même temps, Boumala faisait le procès du système : « c’est le système qui m’a mis en prison et non pas la Constitution ». « Mon opposition est contre ce système moribond. Il n’y a aucune animosité dans mon action. Je n’ai rien ni contre Gaïd Salah ni contre Bouteflika, en tant que personne. Mon problème c’est l’État militaire et policier», a-t-il martelé avec le style qu’on lui connait.

Ce qui a mené Fodil Boumala en prison n’est rien d’autre que des publications et des vidéos sur les réseaux sociaux. Des publications mises en ligne dans le cadre du Hirak. Il est poursuivi pour « atteinte à l’unité nationale » et « affichage de tracts portant atteinte à l’unité nationale ». Sa prise de parole a donc été axée sur le principe de liberté d’expression. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler que « Le mot liberté est cité 53 fois dans la Constitution », en poursuivant : « donnez-moi une seule de ces libertés qui est respectée ! »

Tout au long du procès, le journaliste, intellectuel, militant politique et figure incontestable du Hirak, ainsi que les avocats de la défense ont réussi à démontrer qu’à travers Fodil Boumala, c’est le Hirak qu’on a mis au banc des accusés et qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’un procès politique.