Les intoxications alimentaires continuent de susciter l’inquiétude des Algériens et en particulier avec l’avènement de la saison des grandes chaleurs. Le pays a, d’ailleurs, été secoué, en 2008, par plusieurs vagues d’empoisonnement alimentaire dont la plus meurtrière avait causé le décès de 9 personnes, suite à la consommation de champignons extrêmement vénéneux.

L’année dernière, quelque 3.300 cas d’intoxication alimentaire ont été enregistrés à l’échelle nationale, dont 64% ont été décelés lors de la consommation de repas collectifs, a annoncé, lundi, le DG de la régulation et de l’organisation des activités commerciales du ministère du Commerce, lors d’une rencontre régionale sur «le risque alimentaire» organisée à Tizi-Ouzou. Yahiaoui Ouali avait rappelé également les 130 cas d’intoxication alimentaire à travers le pays (fin 2008/début 2009) dus aux champignons vénéneux, ayant occasionné le décès de 9 personnes. L’autre fait qu’il a relevé a trait au «développement des intoxications alimentaires collectives», dont l’enregistrement, en mai dernier dans un établissement du centre universitaire d’El Khroub, de 434 cas d’intoxication «provoquée par la consommation de la crème pâtissière avariée», a-t-il rappelé.

Des études modernes ont révélé que plus de 60% des cas d’intoxication alimentaire, enregistrés en Algérie, se produisent dans les rassemblements familiaux et dans les fêtes et que le traitement d’un seul cas d’intoxication coûte 3.000 dinars par jour. Ces études ont, notamment, montré que l’intoxication alimentaire a des répercussions sur la santé, notamment chez les enfants et les personnes âgées.

Ces intoxications sont dues essentiellement, au non-respect des règles d’hygiène dans la préparation des plats. Les spécialistes soutiennent que les cas d’intoxication annoncés ne reflètent pas la réalité puisque les cas individuels sont généralement soignés dans les cliniques privées ou par des médicaments que les malades achètent directement chez leurs pharmaciens.

Les statistiques du ministère du Commerce indiquent que 28% des intoxications alimentaires sont dus aux viandes et au non-respect des conditions d’hygiène et de conditionnement, notamment de certains produits, à l’instar des œufs qui sont largement utilisés dans la préparation de la confiserie au cours de la saison estivale. Les statistiques ont notamment révélé que la consommation de produits alimentaires, tels que les œufs, le lait et fromages ainsi que quelques produits conservés, exposés au soleil par certains magasins ainsi que dans le marché noir, cause directement des intoxications. Le même responsable a annoncé le renforcement du dispositif de protection du consommateur. Recrutement de 7.000 agents de contrôle Le ministère prévoit la réalisation d’une série d’actions et de structures. Il s’agit de l’ouverture, projetée pour 2010, d’une école à Alger pour la formation et le recyclage des agents de contrôle de la qualité et de la répression des fraudes, en plus du recrutement, durant les 3 ans à venir, de quelque 7.000 agents universitaires pour renforcer la couverture de quelque 1 million 300.000 commerces que compte le pays. Pour améliorer les conditions de mise en vente des produits de consommation, il est fait état de la programmation, pour le prochain quinquennat, de la réalisation de 50 marchés de gros de fruits et légumes, dont 04 de dimension nationale.

A ces unités s’ajouteront 1.830 marchés couverts de détail et de proximité. S’agissant de l’encadrement du commerce du poisson et de la viande, il est prévu, pour la même échéance, la réalisation de 13 pêcheries et 72 abattoirs à travers le pays. Ce regroupement régional, destiné à promouvoir la culture de la prévention sanitaire, notamment en période estivale propice à la prolifération des maladies, a concerné 15 wilayas du centre du pays, 3 directions régionales du commerce, des associations de consommateurs, des bureaux d’hygiène, des laboratoires d’analyse et autres.

B.M.
Algerie6focus avec Le Financier

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