Ce rendez-vous musical typiquement chaâbi s’est frayé un chemin qui attire de plus en plus d’adeptes et suscite l’admiration auprès des mélomanes.

C’est ce soir après la rupture du jeûne que le coup de starter sera donné à la quatrième édition du festival national de la musique chaâbi que le théâtre national algérien (TNA) Mahieddine Bachtarzi abrite du 9 au 15 septembre prochain. Un rendez-vous culturel incontournable qui attirera certainement une foule nombreuse avide de découvrir les trente (30) finalistes qui en découdront pour les cinq (5) premières loges synonymes de prise en charge notamment par le biais d’une tournée à travers le territoire national et le suivi des heureux lauréats quant à l’entame d’une carrière artistique prometteuse.

C’est le fruit d’un travail de présélection de plusieurs artistes en herbe issus des différentes wilayas du pays (83 aux demi-finales). Mais pas seulement puisque nous retrouvons pour la première fois un représentant de la communauté algérienne en France, le parisien Réda Bourriah en l’occurrence. Au programme de cette quatrième édition, des hommages seront rendu, comme de coutume, à de grandes figures de la musique chaâbi telles qu’Amar El Achaâb, Achène Saïd, et Hadj M’ rizek. Les organisateurs prévoient de publier, en outre, un recueil (Diwan) regroupant les poèmes interprétés par les finalistes. C’est dire à quel point ce rendez-vous musical typiquement chaâbi s’est frayé un chemin qui attire de plus en plus d’adeptes et suscite l’admiration auprès des mélomanes. Quand, pourtant, il avait démarré en 2006, personne n’osait émettre le moindre pronostic sur son probable succès à un moment, il est vrai, où la musique chaâbi traversait une crise sans précèdent.

A l’exception de son commissaire, Abdelkader Bendameche qui, même s’il nourrissait quelque appréhension à l’époque, n’en éprouvait pas moins de l’optimisme mesuré au vu de ses compétences avérées dans le domaine. Non seulement, il était chanteur lui-même côtoyant les plus illustres artistes chanteurs de l’andalou, du chaâbi, du bédoui… mais également animateur de l’émission hebdomadaire « Maya Wa Hsin » sur les ondes d’Alger Chaine 3 de la radio nationale. Une émission qui fait découvrir aux auditeurs le riche répertoire musical algérien. Ses qualités de cadre dirigeant au ministère de la culture, de la radio et de la télévision nationale à un moment donné de sa carrière ont plaidé en sa faveur pour le désigner commissaire du festival. Pour l’anecdote, Bendameche figurait parmi les lauréats du tout premier festival de la musique chaâbi qui s’est tenu, en 1969 à Alger. Il représentait, en la circonstance, la wilaya de Mostaganem dont il est issu naturellement. L’admirateur du « prince des poètes » le vénéré Sidi Lakhdar Benkhlouf nous confiait à la veille de la tenue du premier festival ceci : « Nous comptons relancer tel qu’il se doit le genre chaâbi délaissé en s’inspirant notamment de ce qui se fait à travers le monde. Car il n’est pas question pour nous de le ghettoïser dans la sphère Algérie ».. Quatre années après, on peut avancer que sa déclaration tombe sous le sens.

Rabah DOUIK

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