Education/ 51,2% des élèves suivent des cours de soutien scolaire en Algérie

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Ce chiffre saisissant ressort de l’étude menée auprès de 1022 lecteurs d’Algérie-Focus et trahit les limites de l’instruction publique. Entre les grèves récurrentes et les standards souvent trop bas du système éducatif, la réussite est un parcours du combattant. Pour le baccalauréat 2015, le taux de réussite est d’environ 50% seulement. Les familles sont condamnées à trouver des alternatives pour parer à la fatalité.

Une pratique plus répandue parmi les élèves de l’enseignement publique 

Malgré le coût considérable, ce ne sont pas les élèves privilégiés du privé qui jouissent le plus de l’instruction particulière. Ils sont 46% seulement à en bénéficier contre 52% des élèves du public. Un décalage qui atteste de l’éminence du besoin dans les écoles publiques où l’enseignement s’avère encore trop pauvre. Rappelons que seuls 97 500 écoliers algériens sont scolarisés dans des établissements privés, soit moins de … 1%

Entre l’aspiration à la réussite et les limites du porte-monnaie : le compromis financier des cours collectifs

soutien scolaire enquête 1

Prix moyen d’une heure de cours de soutien individuel : 1522 Dinars. Payez ce montant toutes les semaines – voire même plusieurs fois par semaine – augmentez la fréquence en période d’examen, et vous aurez l’addition. Le budget prescrit peut effrayer, voire contrarier l’ascension vers l’excellence. La majorité des ménages éludent cet obstacle en ayant recours à l’enseignement collectif, plus abordable – 658 DA l’heure – et donc plébiscité par la plupart des parents d’élève : 90% payent des cours collectifs à leurs enfants, 70% des cours personnels.

Le soutien scolaire : un marché de 193 Milliards de dinars

soutien scolaire enquête 27

51,2% des élèves se font donc payer des cours de soutien scolaire. En appliquant les tarifs moyens communiqués, cela préjuge d’un marché de … 193 Milliards DA, environ 1,9 milliard d’euros. Soit pas moins de 1% du PIB de notre pays est consacré au soutien scolaire. Un chiffre affolant qui dépasse même celui du marché Français. En 2014, il s’élevait tout juste à 1,5 milliard d’euros, et les Français sont les plus grands consommateurs de soutien scolaire d’Europe. Des chiffres qui doivent immanquablement tourmenter le Ministère. Les dépenses de soutien scolaire sont équivalentes à 30% du budget de l’Education nationale. En 2014, 697 milliards DA avaient été alloués au Ministère.

Des affermissements sont attendus du côté de l’Education nationale, mais c’est aux familles de provoquer le changement

Seuls 32,5% des élèves travaillent en rentrant le soir. 46% jouent, regardent la télé ou surfent sur Internet et 25% ne font rien. Les enfants des cadres et libéraux révisent plus : ils sont environ 40%. Si des disparités apparaissent selon les catégories socioprofessionnelles, tous les chiffres restent alarmants. Les ressources prolifèrent et Internet permet le démultiplication des opportunités d’apprentissage, la nouvelle génération aura tous les outils pour préparer sereinement son avenir. A condition de s’en donner les moyens.

Notre constitution garantit le droit à l’enseignement pour tous. Elle pose les fondations d’un système méritocratique. Mais l’édifice structuré sur ce soubassement est inique. Si la capacité à s’acquitter d’onéreux cours de soutien est condition sine qua none de la réussite, alors l’argent détermine en Algérie plus que n’importe où ailleurs le succès. L’éducation est un chantier décisif. Mais en attendant le changement dans les classes, nous pouvons essayer de le provoquer chez nous en ayant recours à d’autres solutions, et l’éducation via Internet semble être l’une des meilleures.

 

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