L’angoisse de la contagion du «printemps arabe» dépassée, les autorités algériennes comptent désormais s’attaquer aux marchés parallèles et en finir avec l’activité des vendeurs ambulants activant au noir.

Alger, à elle seule, recense 5000 vendeurs à la sauvette/ DR

Les protestations dites «de l’huile et du sucre» ont, en effet, induit un laxisme de l’Etat face à la prolifération des souks sauvages dans la plupart des villes algériennes.

Le phénomène a pris des proportions alarmantes avec le début de la saison estivale qui a coïncidé avec le mois du Ramadan, deux périodes propices à ce genre d’activités illégales.

Depuis quelques jours, les walis, walis-délégués et chefs de daïras ont été destinataires d’une instruction émanant du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales leur intimant de s’attaquer à ces pratiques.

La première wilaya concernée, est la Capitale Alger, qui compte désormais quelque 200 souks sauvages abritant plus de 5.000 vendeurs à la sauvette.

Les services de l’ordre œuvrent désormais à occuper les lieux qui servent de marchés à ces vendeurs afin de les empêcher d’occuper l’espace public. Une mission délicate quand on connaît le poids du chômage qui affecte les jeunes qui trouvent souvent, dans ce genre d’activité, un gagne pain provisoire devenant au fil du temps un travail permanent.

Régulariser et légaliser

Selon le ministère du Commerce, l’Algérie compte plus de 750 points de vente parallèle qui «emploient» plus de 70.000 personnes, des chiffres qui sont sûrement très en déca de la réalité du terrain.

Le ministre en charge, Mustapha Ben Bada, affirme, pour sa part, sur les colonnes d’El Khabar, que le phénomène est devenu une menace pour «l’ordre public» qui requiert l’intervention des pouvoirs publics qui ne peuvent plus, selon lui, se taire face à cette situation compliquée.

Il préconise comme solution l’intégration de ces vendeurs dans des circuits de commercialisation légaux via la construction de marchés de proximité dans les villes du pays accompagnée d’un allégement de la fiscalité et des procédures d’inscription au Registre de commerce.

La campagne contre les souks sauvages n’en est qu’à ses débuts et devrait toucher, dans les prochains jours, la plupart des wilayas du pays. Reste à savoir si l’Etat aura le courage de mener à bout son action en cas de réactions violentes de la part de ces vendeurs, ce qui est tout à fait prévisible.

Hicham A.

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