Non, vous ne rêvez pas ! Certaines de nos universités sont aussi dangereuses que les quartiers malfamés. Pour preuve, à cause de l’insécurité, des enseignants refusent d’enseigner jusqu’à 17 H ! C’est le représentant du Conseil national de l’enseignement supérieur (CNES) à l’université de Bouzaréah, à Alger, Mahieddine Tayeb, qui révèle ce cruel état des lieux. Selon le représentant du syndicat qui défend les intérêts et les droits des enseignants universitaires, « le phénomène de l’insécurité affecte même les campus des grandes universités. C’est le cas notamment pour l’université de Bouzaréah, où nous sommes obligés de quitter les lieux avant même 17h, et ce, par crainte d’être agressés par les voyous qui imposent leur diktat dans certains départements », a-t- confié récemment lors d’un entretien accordé au quotidien Algérie News pour décrire la situation catastrophique dans laquelle patauge cette grande université Algéroise.

Une université où le climat d’insécurité empêchent tout simplement le bon déroulement des cours et des travaux dirigés des étudiants. Mahieddine Tayeb va jusqu’à affirmer que  l’université de Bouzaréah est à l’image de  ces campus universitaires qui « sont  devenus des lieux préférés pour les délinquants et les dealers, devant un black-out total des premiers responsables du secteur », a-t-il dénoncé. Le représentant du CNES épingle également l’attitude du ministère de l’Enseignement supérieur pour lequel la lutte contre l’insécurité ne serait pas une priorité. Et pour cause, en dépit de toutes les grèves qui ont été enclenchées dans les universités pour dénoncer l’insécurité, très peu de mesures concrètes ont été mises en place par ce ministère pour réduire les proportions alarmantes de ce fléau.  

Il est à souligner que le Conseil national des enseignants du supérieur a tenu, à la fin du mois de janvier, une session ordinaire de son conseil national  à Alger. A cette occasion, il n’a pas hésité à tirer la sonnette d’alarme sur la problématique de l’insécurité dans l’université. A ce sujet, le CNES  a suggéré l’organisation d’un large débat afin d’élaborer une feuille de route à même de proposer des solutions fiables contre ce fléau. Par ailleurs, le CNES a appelé  les enseignants à observer deux jours de protestation les 18 et 19 mars prochain pour faire entendre leurs voix sur ce délicat sujet.