Des produits made in Algérie peinent toujours à s’imposer dans les rayons des magasins. Les Algériens ne cessent de consommer des produits importés et la facture des importations, notamment celle des produits alimentaires, continue à monter crescendo. 

L’Algérie perd, ainsi, des milliards de dollars chaque année. A qui la faute ? A une industrie locale qui n’arrive toujours pas à s’imposer, assure Réda Hamiani, le président du patronat algérien, le forum des chefs d’entreprises algériens (FCE). « Prenons l’exemple des pâtes, du chocolat ou des biscuits. Des aliments qui ont une histoire ancienne en Algérie, une production nationale forte. Le constat ? On ne parvient pas à évoluer vers des critères de qualité. Les produits importés, pourtant cinq à six fois plus chers, trouvent leur débouché ! Parce que les producteurs algériens se contentent de satisfaire les besoins alimentaires en jouant sur les prix. Mais ça ne suffit pas puisque malgré des prix bas, ces produits sont boudés par les ménages ! », déplore ainsi Réda Haminai dans les colonnes d’El Watan Week-end pour expliquer les mauvaises performances de l’industrie locale dont  les produits fabriqués sont de plus en plus surclassés par des produits étrangers même si ces derniers affichent des prix très chers.

Le même constat amer a été dressé par Mustapha Zebdi, président de la Fédération nationale des consommateurs. Ce dernier a tiré la sonnette d’alarme. « Avec l’ouverture aux investissements étrangers, on se dirige, après l’importation de produits, vers une importation de tertiaires. On achètera bientôt des services (téléphonie, les compagnies aériennes…) faute de compétiteur national », a-t-il déclaré également dans les colonnes d‘El Watan Week-end. « Le consommateur est prêt à consommer algérien mais il lui faut un minimum de qualité », a-t-il conclu en dernier lieu pour interpeller les pouvoirs publics et les investisseurs nationaux afin qu’ils redoublent d’efforts dans la conception et la fabrication des produits avant de les commercialiser.