Selon l’APS, la question du double prix du gaz «est réglée », a affirmé mardi à Alger le directeur des relations avec l’OMC. L’Algérie a également développé 5 nouveaux accords bilatéraux dans le cadre de son adhésion à l’OMC.

Concernant le double prix du gaz, l’Etat algérien préservera, « conformément aux dispositions de la loi sur les hydrocarbures de 2007 », le droit de fixer les prix sur le marché interne après concertation avec les opérateurs économiques, affirme le directeur des relations avec l’OMC Mohamed El Hadi Belarima. Qui plus est, il ajoute qu’un « prix économique qui couvre tous les coûts et qui accorde une marge de bénéfice raisonnable aux opérateurs sera ainsi fixé après concertation entre les deux parties », pour permettre ainsi une ouverture du secteur de l’énergie algérien au marché privé.

La demande d’adhésion de l’Algérie au GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), ancêtre de l’OMC, date de 1987. Cependant les négociations concernant celles-ci n’ont débuté qu’en 2001, en raison du rôle de l’Algérie en tant que pays pétrolier et de son refus persistant à l’ouverture du secteur de l’énergie.

Aujourd’hui, l’Algérie traite de multiples négociations multilatérales, où elle traite diverses questions liées à son système économique. Ces cinq accords bilatéraux avec le Brésil, Cuba, l’Uruguay, le Venezuela et l’Argentine, sont le résultat de multiples réunions bilatérales qu’Alger a tenu avec 21 pays.

On note aussi que la France donne entière son soutien à l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, par la voix de sa secrétaire d’Etat française chargée du Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac. Ainsi dans le cadre de l’ouverture du secteur de l’énergie algérien, les investissements directs français dans ce domaine ont fortement augmenté, en atteignant tout secteur confondu, 2,7 milliards d’euros en 2009, comme l’affirme la secrétaire d’Etat française.

Bien que l’adhésion à l’OMC s’avère être une bonne opportunité pour l’Algérie afin de développer son économie et de s’ouvrir au marché mondial, certains membres de l’opposition soulignent une manne ministérielle concernant ces accords. Il s’agit notamment de la secrétaire général du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, qui affirme «Tout accord avec l’étranger doit passer par un référendum. Il n’est pas question de sceller l’avenir du pays par les décisions du ministre du Commerce et autres ministères. Tout accord doit passer par un référendum». Elle souligne également, et d’un point de vue réaliste, l’actuelle crise de l’économie européenne actuelle, qui nécessite un besoin de renouvellement de contrats dans le secteur de l’énergie, et notamment du gaz. L’économie algérienne s’offre alors comme une grande opportunité pour l’Europe afin de consolider ses contrats d’hydrocarbures.

Il n’en reste que l’Algérie a besoin de cette adhésion à l’OMC afin de consolider le développement de son économie, notamment en ce qui concerne ses importations qui ne cessent d’augmenter d’années en années. Une nécessité d’y adhérer certes, mais qui nécessite tout un contrôle de l’efficacité des accords, afin d’éviter de tomber dans plusieurs mannes qui risquent d’handicaper la croissance du pays.

Ania K. Ould-Lamara