Le suspense plane toujours autour de la fameuse affaire du Port d’Alger.  Après une semaine de report pour le verdict, un coup de théâtre s’est produit jeudi dernier à la Cour de Tizi-Ouzou.

La juge avait annoncé tous les verdicts des affaires précédentes sauf celle de la dite Port d’Alger.  Vers 10 H 30, elle a annoncé qu’elle était fatiguée et qu’elle devait arrêter la séance pour observer une pause et reprendre par la suite son travail.  Une heure plus tard, la juge reprend la séance et entame la prononciation du verdict du Port d’Alger. L’assistance fut étonnée de voir que la juge peinait à lire et prononcer ce verdict. Les 02 cadres de l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL), naguère condamnés à 02 ans de prison ferme, ont été finalement acquittés. En revanche, l’ex DG de l’EPAL et son adjoint ainsi que le co-gérant de la société privée de manutention impliqué dans cette affaire ont été condamnés  à 05 ans et 03 ans de prison., à savoir la même durée qu’ils avaient en prison depuis 2011.

Déçus par ce verdict, les inculpés ont crié au scandale. « Où sont passés les juges courageux ?  Comment voulez-vous qu’on croit en un Etat de droit alors que des innocents sont condamnés sans aucune preuve de malversation ? Aucune plainte, aucune victime et aucun préjudice… ! », se sont écriés les inculpés. « Nous allons faire un pourvoi en cassation. Nous allons continuer de se battre pour prouver notre innocence. Nous avons beaucoup d’espoirs », confient-ils encore.

Pour leur part, l’un des avocats de la défense a fait savoir que ce verdict témoigne que nous ne sommes pas « devant des juges courageux ».  « Ils ont peur de prononcer des acquittements », indique-t-il. Un autre de ses collègues laisse entendre que ce verdict tente d’empêcher les victimes de bénéficier des dédommagements qu’ils risquent de réclamer s’ils avaient été innocentés. « Nous sommes dans une période de takachouf (crise ) », ironise-t-il.

« Si nous étions dans un Etat de droit et un pays qui se respecte, après la déclaration des inculpés et de l’avocat de la partie civile, des poursuites auraient été prise à l’encontre de l’ex colonel de la DRS Sofiane Lahlouh, le juge d’instruction Rachid Allane et l’ex-Procureur général de la Cour d’Alger, Belkacem Zeghmati », lance un autre avocat. « Mais malheureusement, ce n’est pas le cas et notre pays est loin d’être un pays juste », ajoute-t-il sur un ton amer. L’affaire du Port d’Alger n’en finit donc toujours pas de susciter de nombreuses interrogations sur la fiabilité de la justice et son impartialité. Affaire à suivre …

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