Par Nassim Brahimi

Ce début 2009 nous a réservé un lot d’inepties dignes d’être anecdotiques, si elles ne nous rappelaient pas notre médiocrité flagrante.

Déchiffrez ceci: une ou plusieurs associations (on s’en fout) ont créé un comité «non-partisan» œuvrant pour la réussite de la prochaine présidentielle. «Non-partisan» mais qui soutient, «par ailleurs» et juste «par ailleurs», un troisième mandat!!!!

Par ailleurs, on a appris que ce qui se passe à Berriane n’était pas plus qu’un «chahut de voyous», que les harragas sont une tragédie anti-mœurs et que tous les lièvres sont allés voir ailleurs si nous-y-sommes. Mais il se trouve où, donc, cet ailleurs qui honte nos esprits?

Ailleurs, comme l’argent de l’Algérie, son intelligence, les projets de son peuple, les fils de ses ministres et les retraites de ses voleurs. Que reste-t-il donc ici ? Presque rien de solvable: une terre immensément riche, un peuple tristement pauvre et des embarcations de fortune comme exportations hors hydrocarbures.

La démocratie à l’algérienne s’est, aussi, illustrée ces derniers jours. Élevée dans une vulgaire tradition consensuelle, elle cultive le secret et l’opacité, jusqu’à frôler le ridicule. Rarement pays au monde n’a fait pire, gardant aussi tard l’annonce de la date de l’élection présidentielle et celle de ses candidats.

Comment imaginer, ceux qui sont en lice, convaincre les Algériens de leurs «programmes», en moins de deux mois de campagne, alors que personne ne connait leurs noms.

Des noms qui, par ailleurs, ne veulent rien dire au commun des Algériens, qui sortent de nul-part avec un CV préfabriqué et une carrière inventée. Complètement fictive.

La réponse à cette interrogation est pourtant évidente : le système ne demande rien à ces candidats, il ne veut pas qu’ils convainquent, il s’en fout de leurs projets et exige d’eux qu’ils jouent seulement la carte de la pluralité pour sauver les apparences. C’est aussi simple que ça: Gérée comme une émission de téléréalité, la scène politique algérienne donne l’impression d’évoluer librement dans son respect du scénario.

Rendez-vous donc le 9 avril pour voter démocratiquement, à condition d’élire le candidat du consensus !

Une triste vérité bien de chez-nous.

N.B.

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