Le vol AH4001 d’Air Algérie à destination d’Alger est resté cloué au sol samedi 25 avril, à l’aéroport international de Tunis. Le départ a été retardé de 24 heures, en raison d’une panne technique. Les voyageurs, qui disent avoir été livrés à eux-mêmes, déplorent un « manque de communication inacceptable ». 

En arrivant à l’aéroport de Tunis-Carthage, les quelques 300 passagers du vol AH4001 ne s’attendaient certainement pas à voyager plus d’une journée pour relier la capitale tunisienne à Alger. En temps normal, le vol ne dure pas plus d’une heure et demie.

Le départ était prévu à 18h35. Il a été retardé une première fois. Aux alentours de 19H15, les passagers montent finalement à bord du boeing 767-300 BJ. Mais, l’avion reste cloué au sol. Par le hublot, ils voient un groupe de techniciens s’affairer autour de l’appareil pour régler ce qui semble être une panne technique. Au moment du décollage, c’est l’arrêt complet. Un bus est alors affrété par l’aéroport international tunisien pour ramener les voyageurs à l’intérieur du terminal. Les passagers attendent de nouveau dans la salle d’embarquement sans qu’un représentant d’Air Algérie ne vienne à leur rencontre et leur expliquer ce qu’il en est vraiment. À Alger, où les familles des passagers s’inquiètent, les éléments de la compagnie aérienne se terrent, eux aussi, dans le silence. Au bout d’une heure, une chef d’escale tunisienne annonce aux passagers du vol AH4001 qu’ils passeront la nuit dans un hôtel de la capitale tunisienne. Ils quittent l’aéroport à 22h passés, sans avoir plus de détail sur la reprogrammation de leur vol.

Silence radio

« La panne technique, ça passe encore. Mais que personne ne donne d’informations sur la durée du retard, c’est inacceptable. Les représentants d’Air Algérie ont tout simplement disparu à partir du moment où on est redescendu de l’avion. Mon frère nous attendait à Alger. Pareil, personne n’a voulu lui répondre », témoigne un avocat de 31 ans, qui voyageait avec ses parents, sa femme et son fils en bas âge. La prise en charge minimaliste des passagers par la compagnie le révolte. « Quand on est arrivé à l’hôtel, on n’avait pas mangé. Aucun dîner n’était prévu, même pas une bouteille d’eau. Mes parents sont diabétiques et hypertendus, ils n’avaient pas assez de médicaments pour une journée supplémentaire à Tunis ! », s’indigne le jeune père de famille, joint par téléphone ce mardi.

Le lendemain, la compagnie aérienne ne communique pas davantage. « Toute la matinée, j’ai essayé de joindre l’agence d’Air Algérie à Tunis et mon frère a fait pareil à Alger mais on a obtenu zéro réponse », raconte encore l’avocat. Les 300 passagers du vol AH4001 ne croiseront finalement aucun employé d’Air Algérie dans les couloirs de l’hôtel. C’est le réceptionniste qui leur annonce, vers 14h, qu’un bus les attend à l’extérieur pour les emmener à l’aéroport international de la ville.

Les pérégrinations des voyageurs tuniso-algériens ne se terminent pas là. À leur arrivée, ils constatent que le tableau d’information électronique n’affiche aucun vol de la compagnie nationale algérienne à destination d’Alger. L’attente s’éternise. « Pendant toute cette attente, le chef d’escale d’Air Algérie n’a pas montré le bout de son nez. Il a été appelé quatre fois au micro », rouspète un passager. L’avion ne décollera pas avant minuit ! « Normalement après plus de 24 heures de retard, on doit rembourser nos billets d’avion. Mais auprès de qui se plaindre ? Cette compagnie ne communique pas. Plus jamais de la vie je ne l’utiliserai », souffle un passager, encore énervé trois jours après l’incident.

De son côté, Air Algérie, contactée par nos soins ce mardi, reconnaît qu’une panne technique est à l’origine du retard du vol AH4001. « Il a fallu acheminer une pièce d’Alger vers la Tunis », explique laconiquement un porte-parole de la compagnie aérienne, qui n’a pas souhaité communiquer sur le manque de communication de ses agents aux aéroports d’Alger et Tunis ce samedi-là.