Annoncée pour le quatrième trimestre de 2009, la mise en exploitation du gazoduc Medgaz qui relie l’Algérie à l’Europe pourrait être retardée pour l’année prochaine. C’est du moins ce qu’à laissé entendre le directeur général de la compagnie pétrolière espagnole Gas Natural, Rafael Villaseca qui intervenait lors de la présentation des résultats financiers du premier semestre de l’entreprise. «Je crois qu’il va y avoir un retard dans le projet Medgaz. Probablement jusqu’à la mi-2010», a-t-il signifié.

Les déclarations de ce responsable contredisent les prévisions qui tablaient sur une autre échéance. M. Villaseca n’a pas précisé les raisons de ce retard. Gas Natural est actuellement en négociations pour avoir une part de 10% dans le consortium Medgaz constitué, rappelle-t-on, de la Sonatrach (majoritaire avec 36%), des espagnoles Cepsa et Iberdrola (20% chacune), de Gaz de France et d’Endesa (12% chacune). Ce projet intéresse au plus haut point l’Espagne qui importe 99% de ses besoins en gaz et qui est le troisième plus grand importateur mondial de gaz naturel liquéfié.

Antonio Llardén Carratala, président de l’entreprise espagnole Enagas, gestionnaire technique du réseau gazier espagnol avait révélé récemment que l’Espagne négociait actuellement avec la France la «viabilité» d’un nouveau «grand gazoduc» entre les deux pays, qui longerait la côte méditerranéenne et qui sera relié au Medgaz. Il «permettrait d’établir une capacité d’interconnexion de 7 à 7,5 milliards de m3 de gaz par an dans les deux directions, relié avec Medgaz», avait-il précisé. Les travaux du nouveau gazoduc, selon le responsable espagnol, devraient être finalisés en 2015. L’interconnexion de Medgaz avec la France et le lancement d’un nouveau gazoduc transméditerranéen qui traversera le Portugal et la France à l’horizon 2015 assureront une diversification des sources d’approvisionnement de l’Europe selon le président de l’entreprise espagnole Enagas.

Il faut dire que le Vieux Continent a été échaudé par les conflits répétitifs avec la Russie qui ont eu un impact négatif sur les approvisionnements en gaz de l’Europe à partir de l’ex-URSS. Le Medgaz représente donc une bouffée d’oxygène. D’une capacité de transport de 8 milliards de mètres cubes/an, le Medgaz, d’un coût total estimé à 900 millions d’euros, reliera Beni Saf sur la côte algérienne à Almeria sur la côte espagnole.

Il sera alimenté depuis le Centre national de dispatching gaz de Hassi R’mel. Ce gazoduc est une canalisation d’un diamètre de 24 pouces de transport de gaz naturel qui traversera la mer Méditerranée et unira l’Algérie à l’Europe via l’Espagne. Il est d’une longueur totale de 210 km sur une profondeur de 2.160 mètres.

Y.I.

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