Un sit-in pour dénoncer la situation des cancéreux en Algérie est prévu demain au CHU Mustapha Pacha d’Alger, a annoncé le quotidien francophone El Watan ce vendredi matin. Le mouvement de soutien est organisé par un collectif de citoyens, comprenant également des médecins et des étudiants.

Le sit-in qui devrait se tenir samedi 4 mai au centre Pierre et Marie Curie (CPMC) du CHU Mustapha Pacha fait suite à l’hospitalisation du Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, dans l’établissement français du Val de grâce. L’appel lancé jeudi par un collectif citoyen sur Facebook n’y va pas de main morte : “Un Président qui part se soigner ailleurs que dans son pays alors que son peuple crève sur le pavé du délabré CPMC, cela touche à la souveraineté de l’Etat !”.

Des critiques liées à l’expatriation médicale d’Abdelaziz Bouteflika sont apparues très rapidement sur les réseaux sociaux, et notamment sur les groupes de soutien aux personnes atteintes de cancer. Le lendemain de l’hospitalisation du Président algérien en France, on pouvait, par exemple, lire sur la page Facebook “Cancer en Algérie, La Condamnation” le post suivant : “Définition d’un responsable algérien : Personnalité « importante » traitée au Val-de-Grâce hôpital militaire à Paris, laissant le reste des citoyens dits « sujets » mourir dans les hôpitaux de notre riche pays.”

Les posts et les commentaires de ce groupe ne sont pas très éloignés des revendications du collectif qui organise le sit-in de demain. Dans l’ensemble, ils dénoncent la prise en charge insuffisante des cancéreux dans un pays où 44 000 personnes sont atteintes du cancer chaque année. Le manque d’infrastructures et d’équipements transparaît dans les chiffres. Sur les 28 000 malades cancéreux qui ont besoin d’une radiothérapie, ils ne sont que 8 000 à en bénéficier, expliquent plusieurs sources concordantes.

Outre le traitement, le dépistage est également insuffisant en Algérie. Il intervient souvent de façon trop tardive, ce qui limite les chances de guérison. Le cancer est, en effet, une maladie qui nécessite d’être traitée le plus rapidement possible pour limiter son évolution et permettre la survie du patient. Le dépistage précoce est particulièrement essentiel pour traiter de manière efficace le cancer du sein qui touche un nombre important de femmes algériennes. Chaque année, 10 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.

Un plan anti-cancer a été promis par le gouvernement afin de mieux prévenir et prendre en charge cette pathologie mais, il n’a pas encore vu le jour. Le professeur Messaoud Zitouni a, pourtant, été désigné par le Président Abdelaziz Bouteflika en décembre 2012 pour “assurer le suivi et l’évaluation du plan national cancer”.

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