Afin de clamer leurs convictions et d’appeler à plus de libertés religieuses, des citoyens algériens originaires de Kabylie ont organisé samedi en plein jour un nouveau déjeuner public. Quelques citoyens ont mangé, bu et fumé publiquement pour marquer leur refus de l’intolérance « religieuse » et demander à l’État de mettre fin à la vague salafiste qui envahit, selon eux, « la Kabylie et le reste de l’Algérie ».

Mais le fait marquant de cet évènement est sans aucun doute la très faible mobilisation des partisans de la « liberté de culte» qui ne se sont pas bousculés au portillon pour exprimer leurs opinions. Comme deux jours auparavant à Tizi-Ouzou la cause des non jeûneurs, ou dé-jeûneurs, n’a pas été massivement soutenue malgré l’existence de cette catégorie de citoyens en Kabylie et ailleurs.

Certains partisans de la liberté religieuse – nécessaire en démocratie – pensent même que ces actions servent peut-être plus les extrémistes religieux et autres hypocrites, qui font de ces actions le fer de lance de leurs croisades contre tous ceux et celles qui ne veulent pas pratiquer la religion comme eux. Pourtant, d’un geste éclairé, le ministre des Affaires religieuses a expliqué que le jeûne est une affaire « strictement privée ». Une manière de rappeler l’inviolabilité de « la liberté de conscience », mais également du droit des autres (qui font carême) au respect. « Mangez chez vous », semblent dire certains qui oublient, du coup, que dans un passé pas si loin que cela, les restaurants étaient ouverts dans les grandes villes, notamment à Alger. Mais autres temps autres mœurs et les partisans d’une ouverture d’esprit sont plutôt mal vus et considérés comme de vulgaires délinquants, en témoignent les une des journaux conservateurs Echorouk et Ennahar. Une chose est par contre certaine : pour arracher un maximum d’espace de liberté et faire reculer l’intégrisme, la lutte doit se poursuivre. Et pas seulement durant Ramadhan et certainement pas uniquement en Kabylie.

Essaïd Wakli

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