Depuis samedi dernier, pas moins de 140 passagers algériens sont abandonnés à Paris et à Alger, alors qu’ils ont acheté des billets d’avion pour bénéficier de ces vols charters programmés depuis le 10 juillet dernier par la petite compagnie Trans-Atlantic. Celle-ci avait affrété des avions de la compagnie publique algérienne Tassili Airlines pour mettre en place deux vols hebdomadaires, reliant Paris à Alger et Oran, à des prix nettement moins chers que les prix exorbitants pratiqués par les autres compagnies aériennes, telles Air Algérie, Air France ou Aigle Azur. 

Cependant, le rêve de voyager pas cher s’est transformé rapidement en cauchemar. Les deux vols charters programmés samedi et dimanche ont été simplement annulés cette semaine. Les 140 passagers qui avaient acheté leurs billets d’avion, et parmi lesquels se retrouvaient des familles qui ont dépensé pas de 2300 euros pour ce faire, ont été refoulés des aéroports d’Alger et de Charles de Gaule à Paris après avoir été informés que leurs vols ne sont plus d’actualité. Que s’est-il passé ? Est-ce la faute de Tassili Airlines ? « Pas du tout », nous explique la direction de communication de Tassili Airlines que nous avons contacté ce mardi.

« Nous avons conclu un contrat avec une société islandaise dénommée Transatlantic. Cette société a affrété nos avions pour mettre en place ces vols charters. Nous prêtons uniquement nos avions. La prise en charge des voyageurs relève de la responsabilité de l’affréteur. Ce n’est pas un vol régulier organisé par la compagnie Tassili Airlines », explique clairement la direction de communication de la compagnie, filiale du groupe Sonatrach.

La même source précise que « les clauses contractuelles » prévues dans le contrat liant Tassili Airlines à l’affréteur Transatlantic stipulent que le « paiement de la rotation »  de ces vols doit intervenir « sept jours avant » la date fixée de ces vols. Toutefois, Transatlantic n’a pas respecté cette clause écrite noir sur blanc « dans le cadre d’un contrat de type Charter », déplore Tassili Airlines. « Nous avons été donc dans l’impossibilité d’effectuer ce vol », ajoutent nos interlocuteurs.

« Nous sommes une entité économique. Nous n’avons pas le droit de prêter nos avions sans les rentabiliser ou se faire payer », assurent encore ces interlocuteurs.  Mais pourquoi Transatlantic n’a pas procédé aux paiements prévus par le contrat ? Selon plusieurs sources concordantes, cet affréteur islandais a prétexté la difficulté de rapatrier des capitaux en Algérie pour effectuer le versement au profit de Tassili Airlines. Un argument qui n’a convaincu personne à Alger et à Paris. Les voyageurs qui ont acheté leurs billets d’avion dans une agence de voyage basée à Aubervilliers (Paris) crient à l' »arnaque » et dénoncent une « escroquerie ». Qui  va les indemniser ? Personne ne le sait ….