Il faut se rendre à l’évidence, le sort des femmes violentées n’émeut  presque personne en Algérie. La Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes a été célébrée dimanche 25 novembre dans l’indifférence générale. Pouvoirs publics et société civile ont «zappé» cette date symbolique.

Seules quelques associations de défense des droits des femmes sont montées au créneau pour nous rappeler cette triste réalité : de plus en plus d’Algériennes meurent sous les coups de leurs conjoints, leurs frères ou leurs pères. Martyrisée, violentée, meurtrie, humiliée et battue, la femme algérienne ne cesse de symboliser la souffrance et la douleur.  Et ce psychodrame est détestable à bien des points de vue. Preuve en est, durant les derniers 8 moins, 261 ont été battues à mort ! 5597  femmes ont été également victimes de diverses formes de violence.

Une véritable tragédie se déroule sous nos yeux. Nos sœurs, nos femmes et nos mères sont ciblées au quotidien par des comportements infâmes. Dans la rue, à la maison et sur les lieux du travail, les femmes ne sont nulle part à l’abri. Entendons-nous bien, la violence contre les femmes n’est pas le propre à l’Algérie. Elle n’est pas non plus liée à une pratique religieuse précise ni à une quelconque croyance mystérieuse.

« La femme faite pour la cuisine et le plaisir« 

En Algérie, force est de constater qu’elle s’explique surtout par la bêtise crasse de l’homme algérien. Oui, cet Algérien, ce mâle dominant et convaincu de sa toute puissance virile se croit tout permis. La femme est naturellement son objet, sa chose avec laquelle il peut tout faire. Il s’estime dans son droit de lui infliger le traitement qu’il désire. Pour lui, le mâle, tout est à sa disposition. La femme, faite pour la cuisine et le plaisir, doit obéir et se taire. Et si elle ose briser le silence, elle devient vite une « traînée» et une «salope». On la congédie ou on la bat pour la rappeler à l’ordre. Il en est ainsi et pas autrement en Algérie. Dans ce contexte, la violence contre les femmes demeure l’un des crimes les moins poursuivis en Algérie. Une réalité insupportable peut toujours en cacher une autre. Enfin, une chose est sûre, le jour où on osera montrer au grand jour la bassesse et l’infâme comportement des hommes violents, la femme algérienne se portera beaucoup mieux…

Abderrahmane Semmar