Comme une arlésienne, l’ouverture du champ audiovisuel fait trop parler d’elle, mais elle n’arrive toujours pas.

Le ministre de la communication, qui fait de l’ouverture du champ médiatique son cheval de bataille, a relancé le débat sur cette question lancinante. En organisant une journée de débat sur le sujet, Bélaïd Mohand-Oussaïd remet sur la table un des dossiers les plus controversés de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Mais contrairement aux autres responsables du gouvernement qui se sont prononcés sur le sujet –surtout du temps d’Ahmed Ouyahia- l’actuel ministre du secteur a quelque peu laissé de coté sa langue de bois. S’exprimant sur l’existence de chaînes privées émettant pourtant à partir de l’étranger, Belaïd Mohand-Oussaïd a ouvert la boite de Pandore : «Je pense que la réponse est très claire. S’il n’y avait pas de volonté d’ouverture, il n’y aurait pas eu ces chaînes‑là. Maintenant, il faut un peu réguler, organiser ce secteur pour éviter des ouvertures anarchiques». Une réponse claire.

Pourtant, l’actuel responsable du secteur n’a pas vraiment changé. Il a plaidé, lui aussi, pour une ouverture « réaliste », donc contrôlée. «Il faut éviter la précipitation. Il faut tenir compte des expériences des autres pays. Nous devons aller vers l’ouverture de façon réaliste et graduelle. Il n’y aura pas d’ouverture anarchique », a‑t‑il promis.

Cette thèse est défendue par Hervé Bourges. L’ancien responsable du Conseil supérieur de l’audiovisuel français avait parlé, lui aussi, d’ouverture contrôlée. «Il ne faut surtout pas ouvrir les vannes sans mettre de garde-fous », a-t-il plaidé dans une déclaration faite à la radio publique. Mais, a-t-il averti : « Il s’agit d’éviter des dérapages, mais pas de censurer ».

Pour une nouvelle fois, le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication, donne une nouvelle échéance pour l’ouverture tant attendue –et désirée !- du champ audiovisuel. On parle du troisième trimestre 2013. Les délais seront-ils respectés ? D’ici là, le ministre a promis d’autres chantiers.

Essaïd Wakli