Algérie-Maroc/ Les faux bons sentiments de Tahar Ben Jelloun

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Tahar Ben Jelloun a encore fait des siennes. Dans une chronique publiée sur le blog 360 du média digital marocain éponyme, il a poussé un «  coup de gueule », aux allures de procès, quant au  gâchis des relations algéro- marocaines.

Dans un élan critique, introduit des phrases assassines faisant subtilement référence aux propos de Nicolas Sarkozy sur notre pays, il y a quelques jours, Tahar Ben Jelloun rappelle « les difficultés » de voisinage. Cette critique virulente résonnerait encore plus comme anti-algérienne, si elle n’était tempérée par la vision d’un Maghreb uni, où « l’important aujourd’hui est de dépasser les égoïsmes et de construire un nouveau Maghreb, uni, dévoué à ses peuples dans une solidarité et une volonté de croire au vieil adage : l’union fait la force ».

Cette chronique semble faire écho à l’irritation ressentie du Makhzen concernant le soutien indéfectible de l’Algérie à l’autodétermination du peuple sahraoui. Une prise de position vivement dénoncée par l’écrivain marocain et à laquelle s’ajoute, selon sa propre énumération, différents événements conflictuels entre l’Algérie et le Maroc, soulignant « l’entêtement de l’Etat algérien », rendant impossible toute possibilité de voir se cristalliser un Maghreb uni. « C’est ainsi que ce qu’aurait pu être l’Union du Maghreb est devenu un chiffon de papier sans importance ».

Une critique sur fond de vérité ?

 Si la valorisation de la réalité marocaine, comme modèle d’émancipation démocratique, qui « se bat comme il peut pour devenir sur le plan économique un Etat émergent et sur le plan politique un Etat de droit», est  largement exagérée, les critiques de Tahar Ben Jelloun, quant aux problèmes internes à la société algérienne ne sont pas totalement fausses.

Toutefois, il serait faire preuve d’une puérilité insoutenable de ne pas y voir une critique dissimulant mal un intérêt de contrôle territorial.  Tahar Ben Jelloun surfe, pour accréditer ses critiques, sur  les actions terroristes récentes et sur une prétendue découverte de « camps de réfugiés sahraouis à Tindouf servent de camps d’entraînement aux terroristes d’AQMI ».

Par cette nouvelle sortie, le prix Goncourt 1987, apporte une fois de plus son onction a la politique du Makhzen. Ceci est bien évidemment son droit le plus absolu, si ce n’était cette tendance maladive à faire diversion, en usant et abusant de l’épouvantail algérien.

Sara Grar

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