Le ministre des Affaires Religieuses Mohamed Aïssa a dénoncé, lors d’une conférence de presse animée dimanche 15 juin à la Maison de l’Imam  la campagne de dénigrement et de violence dont sont victimes les Ibadites en Algérie. Il a également appelé à une éventuelle réconciliation de l’administration avec la pratique séculaire de l’Islam en Algérie

S’exprimant sur le rôle capital que joue les imams dans la société, M. Mohamed Aïssa a dénoncé le « le réflexe administratif chez certains imams officiellement nommés à des postes de responsabilité qui se permettent alors de faire dans la censure, de dicter des instructions et d’interdire toute initiative».

 Une attitude, qui favorise la propagation de mouvements radicaux, comme le salafisme en Algérie, d’après le ministre.  Il a mis à l’index «le réflexe bureaucratique [qui] a facilité le développement de la mouvance salafiste. Oui, mais pas uniquement le salafisme mais aussi toutes les autres mouvances et je dirais même plus, toutes les tragédies », a-t-il déclaré en marge d’une rencontre avec les directeurs de wilaya de son département. Le ministre des Affaires religieuses a appelé à la nécessité de « réconcilier l’administration avec la pratique séculaire de la religion en Algérie et d’éviter de différencier entre les imams nommés par l’Etat et les imams indépendants, car, selon lui, «il n’existe pas de différence entre un Islam officiel et un Islam non-officiel ».

A propos de la campagne de violence et de dénigrement face à laquelle est livrée la communauté ibadite, M. Mohamed Aïssa a dénoncé les tentatives de destruction du tissu social d’une région de l’Algérie Ghardaïa et a affirmé que l’Algérie, l’Etat algérien et le ministère des Affaires religieuses sont contre toute tentative d’exclusion et de communautarisme. «Nous refusons l’idéologisation de l’Islam. Nul n’a le droit de dire que la communauté ibadite n’est pas de confession musulmane. D’ailleurs, en droit islamique comparé, le rite ibadite a toujours été une référence pour les Malékites.». Pour le ministre, les Ibadites sont des musulmans comme les autres et aucune autre partie n’a le droit de dire qu’ils ne sont pas de confession musulmane. Le ministre a annoncé, enfin, la tenue prochaine de la session du Conseil national scientifique à Ghardaïa, les 18 et 19 juin.

 

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