Avec 50 milliards de créances impayées, soit à peu près l’équivalent d’une année de son chiffre d’affaires, Algérie Télécom souffre d’un manque de capitaux pour se maintenir à flot. Son PDG Moussa Benhamadi a annoncé dernièrement que la possibilité d’ouvrir le capital de l’entreprise n’est plus à l’ordre du jour, ce qui exclue d’emblée le choix de la possibilité d’une privatisation partielle de l’entreprise comme solution de sortie de crise.

On s’interroge par conséquent sur la stratégie que compte adopter Algérie Télécom pour s’en sortir. Avec plus de 30 000 salariés, une filiale mobile, Mobilis, peu rentable et de sérieux concurrents comme Djezzy et Nedjma, ses marges de manœuvre deviennent limitées. A cela s’ajoute d’autres dépenses, à savoir la promesse de la direction d’injecter 10 milliards de dinars indispensables à l’installation d’un million de raccordements à la fibre optique. Vue ces difficultés, il est fort probable que Algérie Télécom recourt une nouvelle fois à un emprunt obligatoire, comme les 25 milliards de DA levés en 2006.

Litige

l’Eepad et Algérie Télécom ont trouvé un terrain d’entente

Algérie Télécom réclamait au fournisseur d’accès à internet l’Eepad , le paiement de 2,3 milliards de DA en guise d’arriérées pour l’utilisation de sa bande passante. Une demande que n’a pas pu satisfaire l’Eepad, car à l’instar des autres fournisseurs d’accès à internet, il peine à rentabiliser ses services depuis qu’il a reçu l’injonction du gouvernement l’obligeant à baisser ses tarifs de 50 % en avril 2008.

Néanmoins, les deux parties auraient trouvé, fin mai, un terrain d’entente pour régler à l’amiable le litige qui les oppose. En effet, pour rembourser ses dettes l’Eepad versera 50 milliards DA par mois à Algérie Télécom jusqu’à ‘à la fin 2011. Cela dit, l’Eepad continue à réclamer une ristourne de 50 % à Algérie Télécom, ainsi que le remboursement d’un milliard DA de dédommagement suite à la déconnexion du 13 mai, qui a duré plus de trois heures.

Nouar Hazrallah, le patron de l’Eepad qui avait saisi dans cette affaire l’Autorité de régulation des postes et télécommunications, a demandé l’arbitrage du ministre des postes et télécoms Hamid Bessalah.

Pour rappel, le bras de fer entre les deux groupes a pour origine l’annonce par Hazrallah, le 19 mai, du lancement d’une usine de fabrication de cartes mères d’ordinateurs portables, en partenariats avec le chinois China Great Wall Computer Shenzen Co. Le hic, c’est que quelques jours auparavant, Bessalah, le ministre de tutelle d’Algérie Télécom, annonçait à son tour la création d’un consortium national pour la fabrication et la commercialisation d’ordinateurs, constitué de ministères et groupes privés algériens activant en Algérie.

La rédaction avec Maghreb Confidentiel

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