Abdelaziz Bouteflika n’a plus trop le choix. En nommant un gouvernement composé essentiellement de technocrates, le chef de l’Etat entend donner de la chance aux autres groupes politiques qui vaudraient rejoindre sa coalition.

Le chef de l’Etat, qui a promis un mandat de gouvernance consensuelle, n’a finalement pas ce qu’il voulait. Lui qui espérait terminer sa carrière politique « tranquille » avec un pays « apaisé » et un gouvernement de consensus, se heurte finalement au refus de ses adversaires de se joindre à sa politique. Même les partis, jugés plus favorables à sa cause, comme El-Moustakbel de Abdelaziz Belaïd et le Parti des Travailleurs de Louisa Hanoune, ont finalement refusé de figurer dans le staff de Abdelmalek Sellal.

De guerre lasse, le chef de l’Etat a donc opté pour des ministres puisés essentiellement dans l’administration pour gérer les affaires courantes. Ce gouvernement aura la tâche de préparer les échéances politiques futures qui vont débaucher sur l’adoption de la nouvelle constitution dès la rentrée sociale. Cette échéance va donner lieu à une éventuelle élection législative anticipée. Ce sera probablement l’occasion de changer profondément le gouvernement et de confier la Primature à un parti « majoritaire ». C’est d’ailleurs ce qu’a exprimé le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, qui parle de «gouvernement transitoire» lequel devra déboucher sur un gouvernement plus politique dès l’année prochaine.

Cette perspective s’annonce pourtant délicate. Les partis de l’opposition, regroupés notamment au sein de la coordination pour les libertés et la transition démocratique, ont dores et déjà annoncé qu’ils ne prendront pas part aux consultations prévues pour la révision de la Constitution. Une preuve que la future loi fondamentale n’a rien de consensuelle.

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