L’héritage de Chakib Khelil ne s’arrête finalement pas au scandale de Sonatrach. L’ancien ministre de l’Energie et des Mines est impliqué dans d’autres affaires pour le moins scabreuses. A commencer par la cession de la mine du Zinc et du Plomb de Tala Hamza, à Amizour, dans la wilaya de Béjaïa.

Dimanche, le quotidien Le Soir d’Algérie nous apprend que la cession de la mine du Zinc et de Plomb d’Amizour, considérée en son temps comme le 5e plus grand gisement au monde, s’est avérée être une très mauvaise affaire. La société australienne, Terramin, qui a remporté le marché de l’exploitation de cette mine, est dans l’incapacité de poursuivre ses investissements. Pis encore, alors que l’exploitation devait démarrer en 2006, les travaux n’ont toujours pas débuté !

L’on s’interroge d’ailleurs sur le silence des autorités publiques qui, malgré l’énorme préjudice causé à l’économie nationale, ne bougent pas le petit doigt. Pourtant, l’actuel ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, avait montré son agacement lors d’une récente visite à Béjaïa.  Mais, pour l’instant, il n’y a rien de concret.

Ce qui est reproché à l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, c’est le fait d’avoir autorisé une Entreprise étrangère  aussi petite à exploiter un gisement aussi grand que celui de Tala Hamza. Et à ce sujet, le Soir d’Algérie, nous apprend que le solde en trésorerie de cette société ne dépasse pas 2 millions de dollars. Une somme visiblement très minime pour l’exploitation d’un projet aussi important et aussi budgétivore que celui d’une mine de zinc et de plomb.

En plus, cette société étrangère se débat pour collecter des fonds sur le marché car elle ne peut plus vendre des actions à cause notamment des contraintes de la Loi de Finances 2009 laquelle impose à la société étrangère un partenaire algérien majoritaire à 51% des actions.

Il est à souligner que  deux organismes publics sont actionnaires minoritaires dans la société qui exploite la mine de Zinc et de plomb d’Amizour. 32,5% des actions sont détenues par l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux et des substances utiles (Enof) et 2,5% reviennent à l’Office de recherche géologique et minière (ORGM). Ces organismes auront-ils le droit de nationaliser le site ? Pour le moment, on ne sait toujours pas ce que deviendra cette mine. Pendant ce temps-là, le ministère de l’Energie et des Mines octroie des titres de concessions à tour de bras pour l’exploitation de nouvelles mines.

Essaïd Wakli

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