« Avec un baril à 60 dollars, nous disposerons de 38 milliards de dollars de réserves de change en 2019, et avec un baril à 50 dollars nous n’aurons que 9 milliards de dollars ». Avec cette déclaration, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, plante le décor et prévient les Algériens : nous sommes d’ores et déjà en train de perdre complètement notre aisance financière. 

D’ici une année à deux ans, l’Algérie ne sera plus considéré comme un pays riche. La situation économique mondiale devra prolonger la chute des prix du pétrole. Et Sellal, comme tous les autres dirigeants algériens, en est bien conscient. Le FMI a tout expliqué dans ses prévisions et ses notes stratégiques . Le scénario le plus optimiste table sur une remontée des cours à 73 dollars le baril d’ici 2019. Ce scénario s’appuie sur les stocks de pétrole qui ont atteint leur niveau le plus élevé des deux dernières années, ce qui traduirait des anticipations d’augmentation des cours et non de baisse. Cependant, ce scénario positif se heurte à un obstacle de taille : l’incertitude liée à l’activité économique mondiale et les tensions géopolitiques en Irak, Libye et Syrie ainsi que l’Ukraine. L’explosion de l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis compromet aussi dangereusement une remontée des prix du pétrole. L’augmentation de l’extraction du pétrole de schiste américain devrait imposer un prix de  55 dollars le baril au monde entier. Ce qui signifie une chute vertigineuse des revenus pour l’Algérie. C’est ce que craint Sellal. Une crainte qu’aggrave aussi la récent chute des cours. Les cours du pétrole ont chuté de près de 50 % depuis juin 2014, et de 40 % depuis septembre 2014.

Une chute aussi spectaculaire s’était produite en 1986, lorsque l’Arabie Saoudite avait décidé de ne plus jouer le rôle de producteur d’appoint : le prix du baril est alors descendu de 27 à 14 dollars, pour ne se redresser qu’une quinzaine d’années plus tard, en 2000. Un scénario catastrophique qui alimente le cauchemar des dirigeants algériens car deux ans après la chute des prix du pétrole de 1986, l’Algérie a été secouée par un certain Octobre 1988. Mais qui va tirer les leçons de l’histoire à Alger ?

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