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Cet homme malade, blessé et atteint de troubles psychiques avait ému l’Algérie lorsqu’il avait été retrouvé abandonné à Ouled Fayet, tout près d’un ravin, les jambes rongées par les fourmis et les vers. El Watan TV avait dépêchée une équipe de reporters pour filmer cette scène abominable et porter à l’attention des Algériens l’incroyable et cruel sort réservé à Karim Messaoudi. 

Quelques jours plus tard, Elias Filali,  militant associatif et cyberactiviste, s’est déplacé au domicile de la famille de Karim Messaoudi pour rencontrer son père. Il a filmé les conditions inhumaines dans lesquelles vit cette famille dans un bidonville situé en contrebas de la basilique Notre Dame d’Afrique, sur les hauteurs d’Alger. Dans une vidéo émouvante, qui a soulevé une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, le papa de Karim Messaoudi a lancé un cri de détresse en racontant le tragique destin que notre système de santé a réservé à son enfant. Aucun établissement de santé n’a lui prodiguer des soins.

https://www.youtube.com/watch?v=u7c0sIiUDjg&feature=youtu.be

A l’hôpital de Chéraga, dans la banlieue d’Alger, il a été expulsé par le personnel médical. Livré à lui-même, ostracisé par un système de santé qui ne reconnaît aucune dignité à des hommes fragiles et victimes de maladies mentales, il a connu le pire des sorts.

Après l’indifférence, le mépris et l’ostracisme, Karim Messaoudi est décédé, il y a de cela deux jours, dans des conditions atroces, a-t-on appris auprès de sa famille qui a enterré hier jeudi son enfant infortuné au cimetière Sidi Bennour à Bab El-Oued.  Il est mort parce qu’aucun hôpital n’a daigné l’hospitaliser et le prendre en charge. Diabétique et victime de plusieurs complications, sa famille qui vit dans le dénuement n’a rien pu faire pour lui. Souffrant de problèmes respiratoires après avoir été abandonné pendant 5 nuits dans la rue, Karim Messaoudi est mort des suites de ses lésions aggravées par des infections microbiennes, nous a confié vendredi son frère joint au téléphone.

Pauvreté, exclusion sociale, mépris, indifférence, interdiction d’accéder à ses soins, la mort cruelle de Karim Messaoudi s’apparente à un véritable homicide (in)volontaire dont sont coupables les responsables de notre système de santé. Ces derniers doivent vraiment répondre de leurs actes. Paix à ton âme Karim…

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