michelinLe groupe Michelin a essuyé une perte nette de 122 millions d’euros durant le premier semestre 2009, pour un chiffre d’affaires en recul de 13,4% à 7,1 milliards d’euros. Les résultats sont plombés par près de 300 millions d’euros de charges de restructuration.

Résultat: Si ces contreperformances venaient à être confirmées durant le second semestre, ce groupe pourrait fermer son usine de pneumatique à Alger. Ce qui serait une grande perte pour l’économie algérienne étant donné que le groupe français est le premier exportateur hors hydrocarbures en Algérie. Le groupe de pneumatiques paye toujours les effets de l’effondrement du marché automobile et termine le premier semestre avec une perte nette de 122 millions d’euros, contre un résultat net de 430 millions sur la même période de 2008.

Les volumes de ventes sont en baisse de 23%, et le chiffre d’affaires recule de 13,4% à 7,1 milliards d’euros. La marge opérationnelle avant éléments non récurrents s’établit ainsi à 4%, contre 8,6% un an auparavant. Au premier semestre 2009, Michelin a dégagé un cash flow (flux de trésorerie) libre de 575 millions d’euros, grâce à la «maîtrise des stocks» et à la «réduction sensible des dépenses d’investissement», a indiqué le groupe dans un communiqué. Les stocks ont été réduits à hauteur de 580 millions d’euros, et les dépenses d’investissement ont été réduites à 319 millions d’euros (contre 500 millions d’euros au premier semestre 2008). «Ceci nous incite à ne pas relâcher nos efforts dans les mois qui viennent, même si l’évolution des cours des matières premières doit soutenir la rentabilité du second semestre», indique le patron de Michelin, Michel Rollier. L’évolution des cours des matières premières, «fortement défavorable sur l’exercice 2008, voit ses effets s’inverser», indique Michelin. Toutefois, sur le premier semestre 2009, les coûts de matières premières ont encore un impact négatif de 117 millions d’euros.

Une année difficile

Les restructurations ont coûté près de 300 millions d’euros. Le groupe a d’autre part passé des charges de restructuration de 292 millions d’euros, qui ont pesé sur le résultat net. Ces charges correspondent au «projet de spécialisation de certaines activités industrielles en France» et à la mise en œuvre d’un «plan de réorganisations industrielles et commerciales en Amérique du Nord», a expliqué le groupe.

La firme française a notamment annoncé à la mi-juin la suppression de 1.093 postes dès 2010 sur les trois sites en France où il est appelé à fermer. Le groupe a aussi mis en place des mesures de chômage partiel dans différents pays. La chute des marchés de pneumatiques a notamment concerné l’activité de «première monte» (pneus équipant les véhicules neufs) et plus largement le poids lourd, dans l’ensemble des zones, à l’exception de la Chine, relève Michelin.

Il est à préciser que pas moins de 430 entreprises françaises sont présentes en Algérie. Après le départ du groupe français Bouygues-Construction, c’est autour de Michelin d’être menacé par la fermeture de ses usines en cascade. Interrogé sur les raisons qui ont poussé Bouygues à plier bagage en Algérie, l’Ambassadeur de France à Alger, Driencourt expliquait, récemment, que «ce groupe a dû partir à cause de la présence de certaines entreprises -dont par exemple les chinoises- qui arrivent clés en main, avec leur bataillon de main-d’œuvre, ce qui n’est pas le cas des entreprises françaises». «Cela dit, nuance le diplomate, fort heureusement, ce n’est pas le cas de beaucoup d’autres entreprises françaises qui, elles, sont restées».

B.A.
Avec Le Financier

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