Donner un nouveau visage aux quartiers populaires de la capitale en les embellissant, c’est le défi que l’association SIDRA, basée dans le quartier de Belouizdad à Alger, s’est lancé. Des jeunes volontaires ont inauguré ce projet samedi soir, en repeignant les escaliers près de la Bibliothèque nationale. 

Les habitants du quartier d’El Hama à Alger se sont réveillés ce dimanche matin avec une bonne surprise. Dans la nuit, les escaliers qui font face à la Bibliothèque nationale, ont étrangement revêtu les couleurs de l’arc-en-ciel.

Loin d’être un phénomène paranormal, cette action est l’œuvre de l’association SIDRA,qui cherche à promouvoir l’écocitoyenneté àAlger dans un premier temps, et dans toute l’Algérie à terme. « Les gens du quartier étaient agréablement surpris quand ils ont vu qu’on avait customisé leurs escaliers », explique Nacim Filali, le président de l’association, un peu fatigué par la peinture des escaliers qui a duré près de 10 heures hier soir. « Ils sont venus nous parler, nous proposer un café : leur réaction était très positive ! », s’enthousiasme-t-il.

Écocitoyenneté

Habituée à mobiliser autour des thématiques de l’éducation et de l’aide alimentaire, l’association SIDRA a trouvé un nouveau cheval de bataille, toujours dans l’optique de « promouvoir la citoyenneté active des jeunes à travers de projets », sa principale mission. « On s’est rendu compte que Belouizdad [quartier d’Alger où siège l’association] était sale, c’est le déclic qui nous a convaincu de sensibiliser les jeunes à la préservation de leur lieu de vie. On a un projet de formation d’une vingtaine de jeunes à l’éducation à l’environnement, pour qu’ils puissent ensuite faire des ateliers dans les écoles autour du tri des déchets, du gaspillage et de la préservation de l’énergie… », explique Nacim Filali.

« Le problème c’est que les gens ne considèrent pas la rue comme un espace qui leur appartient, ils le délaissent, comme si seul l’Etat en était responsable », analyse Nacim. « Avec la peinture de ces escaliers, nous voulons leur montrer qu’ils peuvent se réapproprier leur lieu de vie et le rendre plus agréable ».

Tournée vers la jeunesse, SIDRA compte une centaine de membres. « Mais on arrive à mobiliser 500 à 600 jeunes chaque année autour de nos différents projets » explique Nacim.

Le président de SIDRA dit vouloir inscrire les actions de l’association dans la perspective des 60 ans du 1er novembre. « De façon symbolique, nous voulons dire que les jeunes sont là pour leur pays, leur cité et leur quartier. Cette célébration doit aussi être tournée vers l’avenir ».

L’association ne compte pas s’arrêter là. « Ce qui serait intéressant, c’est que cet escalier donne envie à d’autres associations de faire de même. De notre côté, nous allons nous attaquer à d’autres lieux qui méritent un deuxième souffle, comme le petit jardin en face du Jardin d’Essai ! », lance-t-il.

 « Les jeunes manquent de cadres dans lesquels se mobiliser, comme les associations par exemple. Notre but est de donner l’occasion aux jeunes d’agir, de mener un projet collectivement ».