« C’est une terrible injustice. Ces personnes assassinées n’ont absolument rien fait. Ils sont innocents. Pourquoi s’en prendre à des gens qui vont prendre leur café ? ». C’est avec ces mots amers que Athmane Kemache, le propriétaire algérien du bar parisien le « Carillon », a témoigné de son effroi. Le vendredi 13 novembre dernier, dans ce bar, les terroristes de Daech ont mitraillé pas moins de 15 personnes mortes sur le coup. Une véritable tragédie qui a transformé la vie des propriétaires algériens de cette brasserie parisienne en un terrifiant cauchemar. 

Dans son témoignage livré à Berbère Télévision, Athmane Kemache, originaire lui et sa famille du village Ath Issad, dans la commune d’Ifigha, relevant de la daïra d’Azazga dans la wilaya de Tizi-Ouzou, décrit l’horreur de cette attaque terroriste.  « Quand j’ai appris l’attaque, je pensais que c’était une simple bagarre, un règlement de compte… je ne m’attendais pas ça, mais quand je suis arrivé. C’était le choc… J’ai vu des jeunes ensanglantés par terre, on ne voit ça que dans les films… Ce sont des jeunes essentiellement de 20 ans ou 30 ans, des Français, des Algériens, des Tunisiens, des Marocains…. S’il n’y avait pas le match de football au stade de France, il y aurait eu plus de monde… Ils ont visé la terrasse… « , raconte-il pour nous signifier que le bilan des morts aurait pu être beaucoup plus lourd.

« Je suis encore sous le choc. Je revois toujours ces cadavres qui gisent sur le trottoir. Tu ne vit pas. Tu survis dans un contexte comme celui-là. Tout le personnel est traumatisé. Le Carillon ne va pas rouvrir de sitôt », confesse Athmane Kemache.

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