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Accueil Algérie Politique Première partie/Les 10 événements phares de 2015

Première partie/Les 10 événements phares de 2015

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Nous vous proposons de revoir les 10 événements qui ont marqué cette année 2015 dans deux articles « bilans ». Cette liste est évidemment subjective et ne saurait classer ces faits notables dans un ordre précis.

L’année 2015 s’est ouverte sur des drames, avec des massacres terroristes en France et au Nigéria, augurant l’avènement d’un djihadisme islamiste qui frappera le monde tout au long de l’année, sans discrimination dans l’horreur, assassinant des personnes de toutes religions, de tous horizons, en France, en Egypte, en Tunisie, en Syrie etc. Le troisième événement choisi, le drame humanitaire du Yémen, est symbolique, car il montre l’importance de l’Arabie Saoudite dans ce prisme de l’horreur, à la fois dictature génocidaire, véhicule d’idéologies nauséabondes, et grand financeur du terrorisme international.

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Nous terminons avec deux notes positives, l’espoir de la gauche en Europe, et une découverte scientifique : la présence d’eau sur la planète Mars, avec la possibilité de la vie qui l’accompagne.

Un début d’année sous le signe du terrorisme

En France, en janvier, quelques jours à peine après les fêtes du nouvel an, deux attentats terroristes tragiques plongent le pays dans une ambiance morose. Le 7 janvier tout d’abord, avec l’assassinat par les frères Coulibaly de 11 personnes dans les locaux parisiens du journal satirique ‘Charlie Hebdo’, puis le 9 janvier, avec le meurtre de 4 personnes de confession juive lors d’une prise d’otage dans une supérette casher porte de Vincennes.

La réception médiatique de cet événement dramatique fut incroyable, avec les médias traditionnels mais surtout sur les réseaux sociaux. Une solidarité rapide s’est développée autour du slogan « Je suis Charlie », mais au fil des semaines beaucoup de critiques furent formulées à propos d’un « Charlisme » ambiant et dominant. Beaucoup de musulmans en France ont cherché à dénoncer les atrocités terroristes tout en revendiquant le droit de « ne pas être Charlie », notamment en critiquant la ligne éditoriale de l’hebdomadaire que beaucoup considéraient comme islamophobe.

La grande marche du 11 janvier, censée rassembler les nations autour de la liberté d’expression, a fait aussi plutôt rire, tant le nombre de dictateurs, de leaders sanguinaires, et de chefs d’Etats liberticides, était important. Entre Netanyahu, Bongo et Erdogan, l’ambiance devrait être excellente, et on n’ose imaginer la tête de Charb et Cabu, les dessinateurs vedettes de Charlie Hebdo, en regardant de là-haut cette farce internationale. De quoi se marrer, sûrement.

Les massacres de Boko Haram au Nigeria

Quelques jours plus tôt, les dijadistes de Boko Haram, au Nigeria, s’en prennent aux civils de la ville de Baga, et assassinent une grande partie de la population de la petite ville nigériane. Les journalistes étant absents de cette zone contrôlée par le groupe terroriste islamiste, on ne connait pas exactement le total des victimes de l’assaut, mais les estimations évoquent la mort de plus de 1000 individus, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n’auraient pas eu le temps de fuir pendant que les grenades prenaient d’assaut les citadins de Baga. D’après les rapports locaux, plus de 35,000 personnes auraient depuis fui la région du carnage pour trouver refuge dans des pays voisins.

D’un point de vue médiatique, les évènements de Baga ont beaucoup moins attiré l’attention que ceux de Paris, alors que les conséquences politiques et sociales furent tout aussi importantes. D’après les chiffres de l’UNICEF, plus d’un million d’enfants, dans le nord-est nigérian et dans les alentours, au Cameroun, au Tchad, au Niger, seraient privés d’école en raison des nombreux attentats perpétrés par le groupe islamiste. Le djihadisme ne frappe pas qu’au coeur.

La gauche radicale au pouvoir en Grèce

Dans ce même mois fou de janvier 2015, SYRIZA, la coalition de la gauche radicale grecque, avec son leader charismatique, Alexis Tsipras, devient le premier parti au Parlement du pays lors des élections législatives du 25 janvier, et suscite alors de nombreux espoirs en Europe, non seulement pour le peuple grec, mais pour les partis de gauche européens, que ce soit le Front de Gauche en France ou Podemos en Espagne, qui voient en cette victoire la possibilité d’un renouveau politique majeur au sein du Vieux Continent.

Malgré l’enchantement des premiers mois, la politique de la coalition reste un échec. Le format des institutions européennes l’empêche de mettre en œuvre une véritable politique anti-austérité. Les négociations autour de la dette publique du pays tournent court et au cours de l’été le gouvernement grec s’oriente vers une nouvelle politique d’austérité.

Malgré tout, sur le plan politique, l’alliance de la gauche radicale continue d’être un succès, comme l’a de nouveau témoigné la récente victoire aux élections législatives anticipées de Septembre. L’alliance marque aussi la réconciliation de partis de la gauche radicale avec la droite souverainiste locale, les « Grecs indépendants », qui soutiennent Tsipras, et cela laisse imaginer ce que pourrait être une telle coalition antilibérale dans d’autres pays européens. 2016 risque d’être passionnant à cet égard.

Un désastre humanitaire au Yémen

Tout au long de l’année 2015, nous avons quelque peu oublié la guerre terrible qui se joue encore actuellement au Yémen. Comme bien souvent dans le monde arabe, ce pays est divisé sur des lignes religieuses : chiites au nord, sunnites au sud. L’Arabie Saoudite est intervenue dans le conflit pour enrayer la descente des Houthis chiites vers le sud, appuyée par toute une coalition de pays arabes. Seul problème : les règles d’une guerre « classique » ne sont évidemment pas respectées, et c’est le Yémen des civils qui est peu à peu en train d’être détruit.

Ce pays est l’un des plus pauvres au monde, et cette guerre dirigée par les saoudiens s’est transformée en un véritable désastre humanitaire. D’après l’UNICEF, plus de 500,000 enfants yéménites ont aujourd’hui des problèmes de malnutrition. Un million de Yéménites ont été déplacés, alors que la coalition bombarde des hôpitaux, des centres de santé. Même les associations humanitaires, à l’instant de ‘Médecins sans Frontières’ sont prises pour cibles par les bombardements saoudiens.

On attend toujours l’année où les grandes puissances occidentales feront face à leurs grands principes moraux avec cohérence, et cesseront enfin d’entretenir des liens avec de telles puissances génocidaires.

De l’eau sur Mars

En septembre, un autre événement majeur de cette année 2015 : la NASA annonce que de l’eau liquide existe sur la planète Mars. L’annonce de la communauté scientifique évoque alors une présence actuelle, alors que l’on savait déjà que Mars était recouvert d’un gigantesque océan il y a des milliards d’années. L’événement fait peu de bruit, et pourtant, la présence d’eau, et donc la possibilité de la vie en dehors de notre planète, devrait exciter plus d’un amateur de Star Wars.

Récemment, François Forget, chercheur au CNRS, dans un entretien de septembre à Sciences et Avenir, doutait que la vie puisse se développer dans un environnement aussi hostile que Mars, même pour certains bactéries, mais considèrait qu’il était tout à fait envisageable que la vie ait pu démarré autrefois sur cette planète et que certaines de ces bactéries auraient dès lors pu réussir à se maintenir jusqu’à aujourd’hui. Dans le prochain article « bilan » : Paris, Daech, la COP 21, mais aussi les Etats-Unis et l’Iran, et d’autres événements plus insolites.

Tarek S.W 

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