Lu sur La Dépêche de Kabylie

L’actualité à Bouira est, depuis quelques mois, particulièrement ces derniers jours, dominée par le volet sécuritaire qui ne cesse d’alimenter la chronique locale et de faire la une des journaux.

En effet, il ne se passe pas un jour sans que l’on signale une attaque terroriste ou une opération de l’ANP à travers le territoire de la wilaya.

De par sa nature montagneuse et ses reliefs boisés, Bouira, dans sa partie Nord Ouest, a souvent été une zone de repli pour les terroristes, notamment ceux sévissant dans les wilayas de Tizi-Ouzou et de Boumerdès.

Avec Bouira, ces dernières forment, pour ainsi dire, ce que l’on qualifie de triangle de la mort. Les monts de Beggas, surplombant la commune de Kadiria, et ceux de Jerrah, dans la commune de Lakhdaria, situés en lisière avec Tizi-Ouzou et Boumerdès, ont abrité et abritent toujours des groupes terroristes.

Cette zone est infestée d’éléments d’AQMI qui y trouvent refuge, chaque fois que l’étau se resserre sur eux de l’autre coté, et ce, en raison des opérations de l’armée.

Périodiquement, les islamistes armés s’attaquent aux forces de sécurité et s’en prennent plus particulièrement aux installations de la Sonatrach, dont le Gazoduc Hassi Rmel-Dellys. En janvier dernier, des agents chargés de la sécurité de l’installation ont essuyé des tirs de hebhab (mortier artisanal) dans la localité de Djebahia. Bilan : deux morts et plusieurs blessés parmi les agents de sécurité.

Le 25 mai dernier, une patrouille de la gendarmerie nationale a fait l’objet d’une attaque à la bombe sur la RN25, entre Aomar et Draâ El Mizan. Avant-hier encore, deux gardes forestiers ont trouvé la mort après l’explosion d’une bombe artisanale au passage de leur véhicule sur la route de Sellama, sur les hauteurs de Kadiria.

La région Est de Bouira est une autre zone de repli, mais aussi de transit des terroristes armés. Les monts de Chréa, surplombant la commune d’El-Adjiba et allant d’Ahl Laksar jusqu’aux portes de fer dans la wilaya voisine de Bordj Bou Arreridj, en passant par Sebkha et Tamalaht dans la commune d’Ahnif, sont connus pour être un des fiefs importants des éléments d’AQMI.

Depuis quelques mois, un groupe terroriste sème la terreur parmi les populations locales livrées à des faux barrages, aux descentes et autre racket. Dans cette région, les forces de l’APN sont en opération de ratissage depuis plusieurs mois. Le 19 décembre dernier, un officier de l’armée a été tué, lors d’une attaque d’un convoi de l’armée.

Dans les jours qui ont suivi, l’armée s’est redéployé et a lancé une opération de grande envergure qui d’ailleurs se poursuit toujours. En mai dernier, trois militaires ont trouvé la mort lors d’un accrochage avec les terroristes. L’armée a aussitôt riposté en réussissant à éliminer pas moins de 11 terroristes au début du mois de juillet.

DES QG QUI RASSURENT LES CHEFS D’AQMI QUI Y TRANSITENT

De par sa position géographique stratégique au centre du pays, Bouira, qui relie la capitale à l’Est et au Sud du pays, devient un « passage obligé » pour d’importants chefs d’AQMI. D’ailleurs, à la mi décembre dernier, une unité d’élite de l’ANP a réussi un véritable coup de filet en procédant à l’arrestation du porte-parole d’AQMI dans la commune de Chorfa, aux frontières avec la wilaya de Béjaïa. Il s’agit de Gasmi Salah, Alias Mohamed Abou Salah.

Dans la nuit de vendredi à samedi derniers, deux importants chefs terroristes ont été éliminés par les forces de sécurité près de Sour El Ghozlane, lors d’une opération qui s’est soldée par l’élimination de 4 terroristes. Selon des sources bien au fait de la situation sécuritaire, ce groupe était de passage à Bouira et s’apprêtait à se rendre dans la wilaya de Tébessa.

Une wilaya située sur la bande frontalière avec la Tunisie, où d’importants arsenaux d’armes se trouvent en circulation et où des terroristes d’AQMI viennent surement pour s’en approvisionner. Le déplacement des émirs d’AQMI fait partie de leur stratégie de coordination entre les différents groupes activant sur le territoire national, et même au delà des frontières.

L’OFFENSIVE DE L’ANP SE POURSUIT À CHRÉA ET TAMALAHT

Il faut dire que sans une stratégie et un travail de renseignement efficace, les coups de filets opérés par l’armée, à la mi décembre, ou encore vendredi dernier, ne seraient pas possibles. Le renseignement joue un rôle important dans la lutte anti-terroriste.

A propos de cette dernière, elle semble avoir donné ses fruits, ces derniers jours, et ce à la faveur du changement opéré au niveau du commandement du secteur militaire de Bouira. L’ANP se devait de réagir face à une situation sécuritaire de plus en plus inquiétante mais aussi suite aux pertes essuyées.

En effet, depuis plus d’un mois, la lutte terroriste s’est intensifiée et d’importants moyens sont déployés par l’armée, notamment dans la région de Tamelaht, dans la commune d’Ahnif, où d’intenses pilonnages des positions et de caches des terroristes retranchés dans ces forêts sont effectués.

Plusieurs casemates ont été détruites et d’importants lots de vivres et stocks de médicaments y ont été découverts tout récemment. Les forces combinées de sécurité poursuivent toujours l’opération de ratissage, lancée il y a quelques mois sur les monts de Chréa et de Tamalaht, et semblent pousser les terroristes dans leurs derniers retranchements.

Article précédentJetées à la rue, deux familles de gardes communaux menacent de se suicider
Article suivantCorm : « Le sort du Monde arabe dépend maintenant de la suite des événements en Egypte »