Le ministère de la Santé, par le biais de sa cellule de communication, a tenté de circonscrire la polémique sur le vaccin contre la rougeole et la rubéole, mais encore une fois en usant d’arguments fallacieux. Pour lui, il s’agit d’un complot orchestré par des parties visant à brouiller les cartes lors des prochaines élections législatives, même s’il reconnait un déficit en communication.
Le ministère de la Santé a encore une fois convoqué la thèse du «complot» pour justifier la gestion catastrophique sur le plan de la communication de la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole. Selon Belkacem Slim, son chargé de communication, il y a une véritable volonté politique derrière la perturbation de cette campagne de vaccination à travers la distribution d’imprimés n’émanant pas du ministère. Le responsable a indiqué que des poursuites judiciaires allaient être entamées contre les auteurs des «formulaires de décharge» délivrés aux parents d’élèves, soulignant par là même que le but de la manœuvre était de brouiller les cartes lors des prochaines élections législatives.
 
Le directeur de l’Institut Pasteur, Zoubir Harrat, a affirmé, pour sa part, que la perturbation de la campagne de vaccination était illégale et visait à atteindre des objectifs personnels au détriment des intérêts des élèves. Le même responsable a également souligné l’innocuité de ce vaccin et sa conformité aux standards de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
 
Le représentant du président de l’association des parents d’élèves, Zoubir Zerrouk, a quant à lui, mis en garde contre une «campagne féroce» menée par certaines parties contre cette vaccination, appelant les parents d’élèves à «ne pas se laisser influencer» et à «faire confiance aux parties en charge de la vaccination pour protéger leurs enfants contre les maladies transmissibles».
 
Rappelons que le ministère de la Santé a fait acquisition de sept millions d’unités du vaccin contre la rougeole et la rubéole. Pour mener à bien cette campagne de vaccination, les autorités ont mobilisé 5.000 médecins et 8.000 paramédicaux au niveau de 1.800 unités de médecine scolaire à travers le territoire national.
Cependant, cette campagne fait face à l’opposition des parents d’élèves ayant refusé de faire vacciner leurs enfants. Pour cause, un formulaire de décharge qui désengage la responsabilité de l’administration en cas de problème survenu après la vaccination. Face à une telle exigence et dans un contexte marqué par le décès de trois nourrissons survenu immédiatement après leur vaccination par le pentavalent en septembre 2016, les parents ont tout simplement choisi de ne pas vacciner leurs enfants.
Massi M.
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