Par Nassim Brahimi

On assiste, depuis quelques mois, à une opération propagandiste visant à vendre le projet d’abolition de la peine de mort. Une démarche aux allures spontanées mais qui, au fond, cache un vulgaire jeu politique.

Résumons. Tout a commencé lorsqu’on a pu voir les médias publics donner la parole à l’«opposition», ou au moins citer ses partisans.

Bien évidement, les propos de l’opposition médiatisés ne concernaient pas l’acte démocratique de s’opposer, mais avaient trait à leur revendication d’en finir avec la peine de mort qui n’est, d’ailleurs, pas appliquée depuis bien longtemps.

Par la suite, des bribes de discours des «défenseurs» des droits de l’Homme faisaient, petit à petit, leurs apparitions dans les journaux, histoire d’habituer les Algériens à la terminologie.

Puis, arriva le séminaire de la commission machin truc qui devait consacrer l’aboutissement de cette «initiative» et aboutir, enfin, à l’abolition d’une peine non-applicable pour moult raisons.

Certains diraient que tout cela est bien : Un débat national auquel participe l’«opposition», axé sur une problématique de taille dont le traitement pourrait garantir à l’Algérie l’accès au club select des «promoteurs» des droits de l’Homme.

Oui, mais voilà, il y a là comme un léger arrière-goût d’arnaque. Celui d’un système qui jette au débat tout ce qu’il ne peut pas assumer et assume seul tout ce qui devrait être débattu.

On aurait bien aimé avoir cette ouverture d’esprit prévaloir pour le cas de la révision de la Constitution, passée comme une lettre à la poste par des facteurs sans adresses.

Les patrons auraient bien aimé être consultés avant l’adhésion de l’Algérie à la zone arabe de libre-échange, sachant que cette décision ne fera qu’enfoncer un peu plus ce qui reste de la production nationale.

Les grévistes de la Fonction publique voulaient, également, être consultés pour déterminer comment sera fait leur matin demain.

Les étudiants auraient apprécié un geste de consultation avant l’instauration du système LMD, importé, mais sans les bibliothèques qui vont avec.

De même que les espèces végétales et animales peuplant le parc d’El Kala, auraient souhaité être averties avant de voir 20 kilomètres d’autoroute envahir leur équilibre. Ainsi de suite, les exemples d’absence de concertation ne manquent pas.

Mais tout ceci nous aurait amené à ce qu’on appelle un vrai débat, portant sur de vrais problèmes qui pourraient causer une vraie gêne.

Quant au débat sur l’abolition de la peine de mort, il s’avère tout simplement inutile, même s’il est salutaire, tout autant que la démarche en soi.

On aurait gagné du temps et de l’argent si une telle mesure avait été, tout simplement… décrétée.

N.B.

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