Pour tenter de calmer la grogne sociale, le gouvernement bat le rappel de ses pompiers. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal a «invité» le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, et le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmaldjid Sidi-Saïd, pour un sommet à trois qui se tiendra le 15 septembre prochain. Le journal Liberté, qui rapporte l’information citant une source proche de l’organisation patronale, n’a pas donné l’ordre de jour de cette rencontre dont l’annonce officielle n’a pas encore été faite.

Mais les manifestations qui se préparent contre la mise en application de la nouvelle loi sur les retraites, les craintes suscitées par la Loi de finances 2017 et l’impasse économique à laquelle fait face le gouvernement vont sûrement être au centre des discussions. Les «partenaires» sociaux du gouvernement vont être chargés de participer à la propagande qui vise notamment à faire avaler la nouvelle loi sur les retraites.

Il s’agit d’expliquer aux citoyens que le système national des retraites est «en danger» et qu’il est nécessaire de «travailler plus longtemps» pour renflouer la caisse nationale des retraités (CNR). La propagande a déjà démarré avec le ministre du Travail, Mohamed El Ghazi, qui écume ces derniers temps les plateaux des télévisions –surtout des chaînes publiques- pour expliquer que les Algériens vivent plus longtemps et qu’ils doivent donc travailler des années supplémentaires. Mais aucun des trois partenaires ne parle d’une des raisons qui empêchent les caisses de la CNR d’être remplies : le travail informel qui représente près de 50% de la masse des travailleurs.

L’autre dossier sur lequel les trois parties devront «accorder» leurs violons est la Loi de finances 2017. Le gouvernement, le FCE et l’UGTA devront convaincre que les «Algériens devront faire plus d’efforts» pour surmonter la crise. D’ailleurs, Ali Haddad a déjà commencé à expliquer que «les subventionnements devront être ciblés». Un discours que le gouvernement ne pourra pas tenir directement. Il le fait donc sous-traiter par ses deux partenaires.

L’avant-projet de la Loi de finances 2017 comporte de nouvelles augmentations d’impôts. Il s’agit essentiellement de la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) qui passera de 17 à 19%. Cela entraînera inéluctablement une augmentation générale des prix.

Essaïd Wakli

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