Les réactions des protagonistes de la rencontre ont été nombreuses après la courte victoire de l’Algérie face au Mali (1-0, but de Medjani à la 83e), lors de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2015, mercredi soir au stade Mustapha Tchaker de Blida. Satisfaction et soulagement pour les joueurs et le staff algériens, déception et début de polémique sur l’arbitrage côté malien.

“C’est une victoire importante, acquise certes dans la douleur, mais elle nous permet de prendre la tête du groupe,” a déclaré le milieu des Fennecs Saphir Taider, à l’issue de la rencontre qui a permis à son équipe de ravir la première place du groupe B aux Aigles maliens, jusque-là en tête grâce à une meilleure différence de buts. “Ceci est le plus important. L’équipe malienne nous a posé beaucoup de problèmes. Maintenant, nous devons continuer dans cette dynamique et engranger des points dans l’optique de la qualification.”

“Ce fut une victoire au forceps,” a renchéri le capitaine Medhi Lacen. “J’estime qu’on a joué l’un de nos meilleurs matchs depuis quelque temps. Le résultat ne reflète pas la physionomie du match. Nous nous sommes créés beaucoup d’occasions, notamment en première période. Malheureusement, on n’a pas su les mettre dedans.” Avant d’évoquer sa sortie prématurée à l’heure de jeu, touché à la cheville : “Je ne suis pas encore fixé sur la nature de ma blessure. J’aurai une idée plus claire après les examens que je passerai.”

Gourcuff : « six points et un pas vers la qualification »

Quant au nouveau sélectionneur Christian Gourcuff, il semblait globalement positif après la performance de ses joueurs : “C’est une victoire importante qui nous permet d’engranger six points et d’effectuer un pas vers la qualification. Le Mali, après tout ce qu’il a démontré aujourd’hui, est un prétendant sérieux pour la qualification. Ce succès va nous permettre de travailler dans la sérénité. Nous avons eu un délai court dans la préparation de notre projet de jeu,” analysait à chaud le technicien français.

“Concernant le match, les joueurs n’étaient pas frais sur le plan physique, en raison de la période des transferts où ils ont repris tardivement la compétition avec leurs clubs,” a poursuivi le breton. “En 2e mi-temps, nous avons eu des doutes, contrairement à la 1ère mi-temps, où nous avons raté des occasions. Sur le plan du jeu, il y a eu un déficit dans la vitesse de transmission de la balle. En dépit des difficultés rencontrées durant le match, l’équipe est restée concentrée jusqu’à l’ouverture du score. Dix jours de stage est un délai court, c’est pourquoi j’ai préféré ne pas opérer de changements dans l’équipe. D’ici à un mois, tous les joueurs auront pris leur rythme de compétition et les cartes seront redistribuées.

Et de conclure par un petit mot à l’adresse des supporters : “Enfin, concernant le stade de Blida, je savais que c’était chaud. Mais aujourd’hui, il n’y avait pas beaucoup de spectateurs [seulement 10 000 billets sur 30 000 avaient été vendus la veille du match, en grande partie en raison des conditions d’achat requises pour éviter tout incident après la mort d’Albert Ebossé (un seul ticket par personne, obligation d’être majeur et présentation d’une pièce d’identité obligatoire à l’entrée du stade), ndlr]. Mais, l’essentiel est de pérenniser la performance d’une équipe toujours invaincue à Tchaker [après 22 rencontres en 6 ans, ndlr].”

Diawara : « Nous avons joué contre 12, pas contre 11 »

L’ambiance était évidemment plus morose chez les Aigles maliens, critiquant de façon plus ou moins dissimulée le trio arbitral camerounais. “Avec tout le respect que je dois à l’équipe algérienne, j’estime qu’elle n’avait pas besoin de l’arbitre pour gagner,” a par exemple attaqué le défenseur Fousseni Diawara. “Nous avons joué contre 12, pas contre 11. Cette défaite de doit pas nous déstabiliser. Nous devons vite relever la tête et penser à réagir dés le prochain match.”

Un état d’esprit partagé par l’entraîneur franco-polonais de la sélection malienne, Henri Kasperzack : “Nous sommes déçus par le résultat, mais pas par la manière. Les joueurs ont fait ce qu’il fallait mais ils n’ont pas pu concrétiser les occasions. On a terminé à 10 [après l’expulsion de Mamoutou Ndiaye à la 68e minute de jeu, ndlr], je pense que cela nous a déstabilisés. On a encaissé le but [par Carl Medjani (vraisemblablement hors jeu) de la tête, sur un coup franc de Ryad Mahrez à la 83e, ndlr] alors qu’on jouait à 9, un joueur se faisant soigner sur la touche.”

Avant de conclure sur une note plus positive : “Les joueurs ont fourni un bon match. Dans l’ensemble, on a beaucoup gêné l’Algérie qui a trouvé du mal à concrétiser. En dépit de cette défaite, on ne va pas baisser les bras. Le fait d’avoir joué un jour plus tard face au Malawi [match prévu initialement samedi, reporté à dimanche en raison de fortes intempéries sur Bamako, ndlr] nous a joué un mauvais tour dans la récupération et cela n’a pas été facile. Je pense qu’avec cette victoire, l’Algérie est bien positionnée pour la qualification, même si l’Ethiopie et le Malawi n’ont pas dit leur dernier mot.”

Dans l’autre match du groupe B, les Flammes malawites l’ont emporté face aux Antilopes éthiopiennes sur le score de 3 buts à 2. Prochaine rencontre pour les hommes de Christian Gourcuff, vendredi 11 octobre à Lilongwe face au Malawi.

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