Chaque mardi Algerie-Focus.com vous propose de découvrir un caricaturiste du monde arabe. Ces dessinateurs sont importants pour la presse, pour les lecteurs, pour la critique, surtout au moment où le monde arabe se retrouve bouleversé. Pour une fois nous retournons la situation en dessinant le portrait de ces artistes à l’humour acerbe et l’oeil précis , pour mieux comprendre leurs intentions, leurs inventions.

Le portrait de Georges Baghoury sera le premier d’une longue série. 

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Georges Bahgoury dessine son père /c. samartv

Georges Bahgoury est le « père de la caricature égyptienne ». Cet Egyptien est né à Louxor et vit à Paris depuis 1970.

Cet artiste complet a laissé sa marque dans l’histoire de la caricature grâce à ses nombreux dessins qui ont fait rire les milliers de lecteurs de la presse arabe. Il a beaucoup illustré l’actualité pour les magazines égyptiens Al Sabah Khair et Rose El Youssef , et a été primé à plusieurs reprises pour son oeuvre.

Le dessinateur est discret et s’exprime davantage avec son feutre que sa voix. Son coup de crayon, qu’il perçoit comme « une langue internationale », il a commencé à le développer dès l’âge de 12 ans. Depuis, d’un seul trait, sans jamais lever son feutre, il tire le portrait de la société arabo-musulmane telle qu’il le voit, avec quelques traits grossiers, mais au fond une poésie qui rappelle son humanité.

L’homme qui dessinait à l’envers

Cet homme qui ne dessine qu’à l’envers, le fait à l’image du monde dans lequel il vit. Tout ne tourne pas rond sur terre, alors les dessins de Georges Bahgoury s’adaptent. Il raconte dans ses dessins la disparition « des cheveux et des cous des femmes », victimes de « censure », et ont peu d’être belles en Egypte. De « l’interdiction de la beauté et l’art », dont la religion ne voulait pas.

Des interdictions qui petit à petit détruisent le beau, la matière brute de l’artiste, et qui effraient Georges Bahgoury, qui ne pourra plus s’inspirer de sa terre natale, désormais brouillée par « une pollution visuelle. »

La vidéo produite par Samar Media sur le sujet.

Amina Boumazza

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